Cinéma ivoirien : Franck Vlehi recadre le débat sur les cachets et invite les acteurs à devenir producteurs
Quelques heures après la sortie très commentée de l’actrice Bienvenue Koffi sur la situation des comédiens ivoiriens, l’acteur, producteur et réalisateur Franck Vlehi est monté au créneau pour apporter des clarifications.
Dans une publication relayée le mercredi 25 février 2026 sur la page d’Euloge Kuyo, Franck Vlehi a estimé que le débat autour de la rémunération des acteurs mérite d’être posé avec plus de nuances. Selon lui, les réalités financières du cinéma ivoirien sont souvent méconnues de ceux qui se limitent à la seule question des cachets.
« Moi, j’invite, et c’est mon souhait, qu’un maximum d’acteurs et d’actrices deviennent producteurs et productrices », a-t-il lancé, expliquant qu’à une certaine époque, en tant que directeur de production sur des séries qu’il tournait, il avait une parfaite visibilité sur les entrées et sorties financières. Une expérience qui, dit-il, lui a permis de mieux comprendre les contraintes budgétaires liées à chaque projet.
Pour rappel, Bienvenue Koffi, réagissant à la situation de Fortuné Akakpo, avait dénoncé la précarité des acteurs et pointé du doigt des montants jugés « dérisoires » versés lors des tournages. Un débat que Franck Vlehi qualifie de « faux débat ».
À l’en croire, une fois la série ou le film tourné, les contrats signés et les cachets versés, aucun complément n’est prévu, même en cas de succès. « Ce n’est pas comme au cinéma occidental où, quand ça cartonne, il y a encore de l’argent qui rentre. Ici, que ça marche ou pas, le contrat signé à la base reste valable. Il n’y a pas de revenus supplémentaires », a-t-il tranché.
Le réalisateur invite ainsi les acteurs à prendre en compte la capacité financière réelle des producteurs avant de parler de “mauvaise rémunération”. « Si un producteur dispose d’un milliard et donne 10 000 FCFA, oui, on peut dire qu’il paie mal. Mais s’il a un million et qu’il donne 10 000 FCFA à chacun, on ne peut pas dire qu’il paie mal, parce que vous ne connaissez pas toutes les charges liées à une production », a-t-il expliqué.
Pour Franck Vlehi, la survie du secteur repose sur l’engagement de producteurs qui acceptent de travailler avec des budgets limités. Sans eux, soutient-il, ni acteurs ni techniciens ne pourraient exercer leur métier. « Si tout le monde raisonnait à l’extrême, personne ne ferait de séries. On serait tous à la maison, les bras croisés », a-t-il conclu, appelant à une meilleure compréhension mutuelle au sein de l’industrie cinématographique ivoirienne.
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