À Tiébly, l'explosion des effectifs scolaires se heurte à des infrastructures en ruine
Dans le département de Facobly, le groupe scolaire de Tiébly étouffe. Face à une augmentation constante du nombre d'élèves, les infrastructures n'ont pas suivi. Résultat : plus de 180 enfants sont contraints d'étudier sous des paillotes de fortune, dans un espace totalement ouvert et dépourvu des commodités les plus élémentaires.
Derrière les deux seuls bâtiments en dur de l'EPP Tiébly 1 — qui affichent déjà de sérieuses fissures dues au temps — se dresse le visage de l'EPP Tiébly 2. Créée il y a huit ans pour désengorger la première école, cette structure fonctionne toujours, en mai 2026, avec six classes entièrement faites de paillotes.
C'est là que 186 élèves tentent de suivre une scolarité normale, exposés au vent, à la poussière et aux distractions extérieures.
« Je suis au CM2. Normalement, ces élèves sont censés être dans une classe normale. Mais nous sommes exposés avec les passages d’animaux et autres... Sans un bon cadre, les enfants ne peuvent pas avoir un meilleur apprentissage. » — Konan Yao Olivier, enseignant de CM2.
Le directeur de l'EPP Tiébly 2, Téhé Jean Marie, doit quant à lui gérer un défi sécuritaire permanent : remplacer deux à trois fois par an les piliers en bois qui soutiennent ces abris pour éviter qu'ils ne s'effondrent. Dès que les nuages s'amoncellent, l'inquiétude grandit.
L'absence de clôture transforme la cour de récréation en un véritable lieu de passage public. Le quotidien de l'établissement est rythmé par des perturbations permanentes :
Au-delà du cadre d'étude, ce sont les besoins vitaux des enfants qui sont négligés :
À quelques mètres des paillotes, un squelette de bâtiment en béton stagne. Ce chantier, censé offrir de vraies classes aux enfants, avance à pas de tortue. Il ne tient que grâce aux maigres cotisations des parents d'élèves et à la bonne volonté des cadres locaux.
Pour Gbéhi André, président du Comité de gestion des établissements scolaires (COGES), les limites du système D ont été atteintes. L'école, créée en 1966 et ouverte en 1977, est devenue trop petite pour sa population.
« Ce qu’il faut faire immédiatement, c’est de terminer le bâtiment que nous avons entrepris de construire et qui traîne encore. En plus de cela, il nous faut des bancs, des tableaux et l’eau. » — Gbéhi André, président du COGES.
Malgré ce dénuement total, la résilience reste de mise à Tiébly. Sous le soleil des paillotes ou dans l'ombre des bâtiments fissurés, les enseignants continuent de dispenser leurs cours et les élèves d'apprendre, suspendus à la promesse d'une aide étatique qui se fait cruellement attendre.
Commentaires (0)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.