Alors que Washington veut relancer les discussions au Pakistan, l’Iran menace de couler des navires américains
Les contacts diplomatiques se poursuivent, mais la confrontation s’installe en mer, où le blocus américain et les menaces iraniennes se répondent.
Alors que Washington évoque une reprise des discussions, le conseiller militaire iranien Mohsen Rezaei (ici en 2020) menace que « vos navires seront coulés ».
Tandis que les États-Unis parlent de discussions à venir, l’Iran hausse le ton. Et entre les deux, difficile de trouver un récit commun.
Côté américain, l’administration Trump évoque une reprise du dialogue, sans calendrier précis. « Rien n’est officiel », a reconnu la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, tout en confirmant que des échanges étaient en cours pour organiser une nouvelle session de négociations avec Téhéran, possiblement au Pakistan. Malgré l’échec du premier round de négociations le week-end dernier, elle s’est dite « optimiste quant à la perspective d’un accord ».
Si Téhéran confirme des contacts, les Gardiens de la révolution insistent sur leur caractère indirect. « Plusieurs messages ont été échangés via le Pakistan », a indiqué le porte-parole de la diplomatie, Esmaïl Baghaï, sans évoquer de rencontre imminente. Et surtout, celui-ci rappelle les lignes rouges de son pays. Le droit au nucléaire civil ne peut être « retiré sous la pression ou à travers la guerre ». Au mieux, explique-t-il, les discussions pourraient porter sur « le niveau et le type d’enrichissement » de l’uranium.
Pendant que ces échanges restent limités, la confrontation se poursuit en mer. Les États-Unis poursuivent leur stratégie de blocus maritime, en empêchant depuis lundi des navires de quitter les ports iraniens. L’armée américaine a d’ailleurs affirmé avoir bloqué dix navires, et assuré avoir « complètement mis à l’arrêt le commerce maritime » de l’Iran. « Environ 90 % » de l’économie du pays en dépend, a souligné le chef des forces américaines dans la région, Brad Cooper. Une pression qui vise directement une économie largement dépendante de ses exportations et qui alimente la colère de Téhéran.
Le général Ali Abdollahi a averti que si les États-Unis « créent de l’insécurité pour les navires commerciaux de l’Iran et les pétroliers », cela constituera « le prélude » à une violation du cessez-le-feu. Dans la foulée, Mohsen Rezaei, conseiller militaire du guide suprême, a menacé : « Vos navires seront coulés par nos premiers missiles et c’est un danger pour les militaires américains. Ils peuvent vraiment être atteints par nos missiles et nous pouvons les détruire », a-t-il menacé à la télévision iranienne. « M. Trump veut faire la police dans le détroit d’Ormuz. Est-ce vraiment votre travail ? Est-ce le travail d’une armée puissante comme celle des États-Unis ? »
Considéré comme un tenant de la ligne « dure » du régime, et ce même au sein les Gardiens de la Révolution, ce conseiller a déclaré que ce serait « bien » si les États-Unis lançaient une invasion terrestre. « Nous prendrions des milliers d’otages, et après nous obtiendrions un milliard de dollars pour chacun d’eux », a-t-il dit.
« Contrairement aux Américains qui craignent un conflit permanent, nous sommes pleinement préparés et habitués à une guerre de longue durée », a-t-il ajouté. L’Iran n’abandonnera pas le détroit d’Ormuz « tant que nos droits ne seront pas pleinement respectés », a-t-il encore insisté.
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