Calendar icon
Thursday 11 June, 2026
Weather icon
á Dakar
Close icon
Se connecter

Blanchiment de capitaux : le Procureur financier éclaire l’opinion sur l’infraction autonome

Auteur: Toussaint Konan

image

Image d'illustration

🎧 Écouter l'article

Le Procureur de la République près le Pôle pénal économique et financier (PPEF), Jean Claude Aboya, a animé, le mercredi 10 juin 2026 à Abidjan-Cocody, une conférence de presse consacrée à la lutte contre le blanchiment de capitaux. Face aux journalistes, il a apporté des éclairages sur la notion de blanchiment de capitaux autonome, encore méconnue d’une partie de l’opinion publique.

D’entrée, le magistrat a expliqué que cette rencontre répondait à un besoin de clarification, dans un contexte où les procédures liées au blanchiment de capitaux suscitent de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux et dans l’espace public. Il a rappelé que cette infraction concerne l’ensemble des citoyens, en raison des transactions financières et des acquisitions de biens réalisées au quotidien.

Pour rendre la notion plus accessible, Jean Claude Aboya a présenté le blanchiment de capitaux comme un mécanisme consistant à donner une apparence légale à des fonds issus d’activités illicites telles que le trafic de drogue, la corruption, l’escroquerie ou encore le détournement de deniers publics. Selon lui, l’objectif est d’intégrer ces ressources dans le circuit économique légal afin d’en masquer l’origine réelle.

Le Procureur financier a particulièrement insisté sur la notion de blanchiment de capitaux autonome, consacrée en Côte d’Ivoire par l’ordonnance n°2023-875 du 23 novembre 2023 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.

Il a expliqué que cette disposition permet désormais de poursuivre une personne pour blanchiment de capitaux même en l’absence de poursuites ou de condamnation préalable pour l’infraction à l’origine des fonds. Les enquêteurs peuvent ainsi s’appuyer sur des éléments patrimoniaux, financiers ou matériels laissant apparaître une disproportion manifeste entre les biens détenus et les revenus connus ou déclarés.

Jean Claude Aboya a également rappelé que, dans ce cadre, la loi prévoit un mécanisme de renversement de la charge de la preuve. Lorsqu’il existe de sérieux indices d’une origine illicite des biens, il appartient au mis en cause d’en démontrer la provenance légale.

Réaffirmant la détermination de son institution, le Procureur a souligné que la lutte contre le blanchiment de capitaux constitue une priorité stratégique de l’État de Côte d’Ivoire. Il a assuré que le PPEF poursuivra sans relâche les auteurs de crimes financiers, tout en veillant au respect des droits de la défense et des garanties procédurales.

Auteur: Toussaint Konan
Publié le: Jeudi 11 Juin 2026

Commentaires (0)

Participer à la Discussion

Règles de la communauté :

  • Soyez courtois. Pas de messages agressifs ou insultants.
  • Pas de messages inutiles, répétitifs ou hors-sujet.
  • Pas d'attaques personnelles. Critiquez les idées, pas les personnes.
  • Contenu diffamatoire, vulgaire, violent ou sexuel interdit.
  • Pas de publicité ni de messages entièrement en MAJUSCULES.

💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.