Coupe du Monde 2026 : Le rêve brisé des supporters congolais à cause d'Ebola
L'histoire aurait dû être belle. Pour la première fois depuis 1974, la République démocratique du Congo (RDC) retrouve les sommets du football mondial. Pourtant, cette qualification historique des Léopards est aujourd'hui assombrie par une crise sanitaire majeure. En raison d'une résurgence du virus Ebola en Afrique centrale et de l'Est, les supporters congolais se voient interdire l'accès au territoire américain. Face à cette situation, la Fédération congolaise de football (Fecofa) a officiellement sollicité la FIFA pour obtenir le remboursement des billets.
Depuis que l'OMS a décrété une urgence de santé publique internationale le 16 mai dernier, Washington applique une politique stricte : interdiction d'entrée pour quiconque a séjourné en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud au cours des 21 derniers jours. L'ambassade des États-Unis à Kinshasa ayant suspendu la délivrance des visas, le voyage est devenu un parcours du combattant impossible pour les fans.
La réponse de la FIFA : Interrogée par la BBC, l'instance internationale reste prudente et affirme qu'elle « examinera la question en temps voulu ». Habituellement, la FIFA privilégie la revente des billets plutôt que le remboursement, sauf cas exceptionnels.
Pour contourner le problème, de nombreux supporters congolais prévoient désormais de boycotter les matchs aux États-Unis — comme le choc face au Portugal le 17 juin à Houston — pour se rendre directement à Guadalajara, au Mexique, où la RDC doit affronter la Colombie.
Heureusement, sur le plan purement sportif, la sélection dirigée par Sébastien Desabre est à l'abri. L'essentiel des 26 joueurs sélectionnés évoluant à l'étranger, ils ne tombent pas sous le coup des restrictions de voyage.
Quant aux membres du staff technique résidant en RDC, ils ont anticipé la crise en quittant le pays à temps pour observer leur quarantaine. Si l'équipe a dû annuler son stage de préparation à Kinshasa, elle peaufine actuellement ses réglages en Belgique avant de s'envoler pour son camp de base au Texas.
Pour le football congolais, pionnier de l'Afrique subsaharienne en Coupe du monde (en 1974 sous le nom du Zaïre), ce tournoi représente une véritable « résurrection », une parenthèse d'unité nationale où la population oublie ses difficultés quotidiennes.
Sur le terrain sanitaire, la situation reste préoccupante. L'épidémie est causée par la souche Bundibugyo, une variante rare du virus Ebola qui n'avait pas refait surface depuis plus d'une décennie et pour laquelle aucun vaccin n'est disponible.
La riposte médicale est considérablement freinée par l'instabilité chronique et les conflits armés dans l'est de la RDC, qui compliquent l'accès aux populations civiles déjà méfiantes envers les autorités sanitaires.
Face à la psychose naissante, Veron Mosengo-Omba tient toutefois à rassurer et à éviter les amalgames : « Ce n’est pas parce qu’on vient de RDC qu’on a Ebola. Le Congo est immense et notre pays connaît bien cette maladie pour l'avoir combattue à plusieurs reprises. Le monde n’a pas besoin d’avoir peur. »
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