Nucléaire iranien: Donald Trump affirme que Téhéran a accepté des inspections "jusqu'à l'éternité", l'Iran dément
Le président américain Donald Trump a affirmé ce mardi 23 juin que l'Iran avait "pleinement et totalement accepté" des inspections nucléaires "du plus haut niveau", "jusqu'à l'éternité", dans une publication sur Truth Social. Téhéran a démenti, refusant l'accès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à ses sites atomiques bombardés et niant tout accord sur ce dossier.
Donald Trump a affirmé mardi 23 juin que l'Iran avait "pleinement et totalement accepté des inspections nucléaires du plus haut niveau pour une longue durée (l'éternité!!!)", dans une publication sur Truth Social. Cela garantira une "honnêteté nucléaire", assure-t-il. Téhéran a aussitôt démenti, refusant l'accès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à ses principaux sites atomiques bombardés.
Ces déclarations contradictoires survenaient au lendemain de la première phase de pourparlers américano-iraniens à Bürgenstock, en Suisse. L'objectif: concrétiser un protocole d'accord signé la semaine précédente pour mettre fin à la guerre qui a débuté le 28 février avec les frappes américano-israéliennes sur l'Iran. Le vice-président américain JD Vance avait affirmé lundi que Téhéran avait "accepté d'inviter à nouveau les inspecteurs" de l'AIEA. Ces discussions, sous la médiation du Qatar et du Pakistan, avaient permis selon lui de poser des "bases très solides pour aboutir à un accord final réussi".
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a balayé les affirmations américaines. Selon lui, aucune réunion n'avait eu lieu en Suisse avec Rafael Grossi, directeur général de l'AIEA, et aucune invitation ne se profilait. L'ambassadeur iranien auprès de l'ONU à Genève, Ali Bahreini, avait lui aussi nié, plus tôt dans la journée, tout accord sur ce dossier. Donald Trump a fustigé les "protestations et fausses déclarations" de Téhéran, selon Reuters.
Depuis les frappes israélo-américaines, le doute plane sur l'état des stocks d'uranium hautement enrichi de la République islamique, un point de contentieux avec Washington. Les dommages causés aux installations restent impossibles à évaluer: Téhéran refuse tout accès extérieur, au nom de la sécurité. Seul pays non doté de l'arme nucléaire à enrichir l'uranium à 60%, selon l'AIEA, l'Iran dépasse largement le plafond autorisé de 3,67%, valable pour un usage civil. Le seuil actuel atteint par l'Iran est proche des 90% nécessaires à la fabrication d'une bombe.
Ali Bahreini a salué de "bons progrès" dans les discussions, tout en posant les conditions iraniennes. Cinq volets du protocole d'accord initial doivent être intégralement mis en oeuvre avant toute négociation sur le dossier nucléaire et le rôle de l'AIEA. Deux groupes de travail seront constitués dans les prochains jours, l'un sur la levée des sanctions, l'autre sur les activités nucléaires.
Pour amorcer la sortie de crise, Washington a suspendu les sanctions sur le pétrole iranien jusqu'au 21 août. Toutes les transactions liées à la production, la vente et le transport des hydrocarbures iraniens sont désormais autorisées, selon le département américain du Trésor. Pressé de mettre un terme à un conflit qui pèse sur le pouvoir d'achat de ses concitoyens, Donald Trump a multiplié les gestes. Le cours du Brent est retombé mardi sous les 78 dollars, contre plus de 126 dollars au paroxysme du conflit.
Sur la question des avoirs iraniens gelés, les positions divergent. JD Vance a insisté que Washington s'assurerait que ces fonds "ne serviraient pas à financer le terrorisme". Ali Bahreini a rétorqué que son pays était "le seul" habilité à décider de l'utilisation de ses actifs. Donald Trump a assuré de son côté, selon Reuters, que ces fonds serviraient à acheter denrées alimentaires et médicaments auprès d'"agriculteurs américains".
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps normal 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial, reste au coeur des divergences. Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et chef de la délégation envoyée à Oman, a réaffirmé selon l'agence Irna que la voie maritime demeurerait "administrée" par Téhéran. Un communiqué commun irano-omanais a évoqué mardi les "coûts" des services liés au passage. Au moins 37 navires ont franchi le détroit lundi, un record depuis le début du conflit, selon la plateforme spécialisée Kpler.
Sur le front libanais, le cessez-le-feu reste fragile. Des tirs israéliens ont fait deux morts mardi dans le sud du Liban, selon un média d'État, Israël affirmant avoir visé des "terroristes armés". Le Hezbollah pro-iranien a dénoncé une "violation flagrante" du cessez-le-feu. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.100 morts au Liban depuis le début de la guerre, selon les autorités libanaises.
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