Burkina Faso : HRW tire la sonnette d’alarme sur des crimes massifs et réclame des poursuites internationales urgentes
L’ONG Human Rights Watch monte au créneau. Dans un rapport accablant publié le 1er avril 2026, l’organisation dénonce une véritable « spirale d’atrocités » au Burkina Faso, où crimes de guerre et crimes contre l’humanité seraient commis par l’ensemble des acteurs du conflit.
Intitulé « Personne ne peut fuir », ce document de 316 pages révèle un bilan alarmant : plus de 1 800 civils tués et des dizaines de milliers de déplacés depuis 2023. Sont pointés du doigt aussi bien les forces armées burkinabè, leurs supplétifs civils que le groupe jihadiste Jama’at Nusrat al-Islam wa al-Muslimin.
Selon l’enquête, l’armée et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) auraient mené des opérations visant directement des civils, notamment au sein des communautés peules, soupçonnées de collusion avec les groupes armés. Des pratiques que l’ONG qualifie de « nettoyage ethnique », susceptibles d’engager la responsabilité de hauts gradés militaires.
En face, le JNIM, affilié à Al-Qaïda, est également mis en cause pour des massacres, des sièges prolongés de localités et la destruction d’infrastructures essentielles. Human Rights Watch souligne que les attaques contre les civils sont désormais au cœur des stratégies des différents belligérants.
Autre point noir : l’absence quasi totale de justice. L’ONG évoque une « impunité généralisée », accusant les autorités de ne pas mener d’enquêtes crédibles, tout en limitant l’accès à l’information et en muselant les voix critiques.
Dans ce contexte, plusieurs responsables militaires burkinabè ainsi que des chefs du JNIM, dont Iyad Ag Ghaly, pourraient être poursuivis au titre de la responsabilité de commandement.
Face à la gravité des faits, Human Rights Watch appelle à une mobilisation internationale. L’organisation exhorte notamment les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne et les États-Unis à accentuer la pression sur Ouagadougou pour garantir des enquêtes indépendantes.
Elle demande également au procureur de la Cour pénale internationale d’ouvrir un examen préliminaire sur les crimes présumés commis depuis l’arrivée au pouvoir de la junte.
« Le monde doit reconnaître l’ampleur des atrocités qui se déroulent au Burkina Faso pour y mettre fin », martèle l’ONG, plaidant pour des sanctions ciblées et un engagement accru en faveur de la protection des civils.
Dans une région sahélienne en proie à un conflit armé persistant depuis 2016, Human Rights Watch met en garde contre une aggravation continue de la crise sécuritaire et humanitaire, alimentée par le silence et l’inaction de la communauté internationale.
Commentaires (1)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.