Escalade en Ouganda : L'armée impose la fermeture de plusieurs médias indépendants à Kampala
En Ouganda, la liberté de la presse subit un coup d'arrêt brutal. Dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 juin, le principal groupe de médias indépendant du pays a été contraint de cesser ses activités. Sur ordre du général Muhoozi Kainerugaba,
chef des armées et fils du président Yoweri Museveni, des militaires encerclent désormais les locaux des principaux organes d'information à Kampala.
Le général a lui-même officialisé la mesure sur le réseau social X :
« NTV et Monitor sont fermés à partir d'aujourd'hui. »
Assumant totalement cette dérive autoritaire, le chef de l'armée a ouvertement déclaré « ne pas croire à la liberté de la presse », tout en précisant que cette opération avait reçu l'aval direct de son père, le président de la République.
Sur les réseaux sociaux, la chaîne de télévision NTV Uganda et le quotidien Daily Monitor ont rapidement alerté l’opinion publique, affirmant être « assiégés par l'armée ».
L'impact sur le paysage médiatique est massif. Plusieurs canaux et stations du groupe ont été coupés simultanément :
Sous couvert d'anonymat, un journaliste chevronné de la chaîne NTV a témoigné auprès de l'AFP :
« Personne n'est autorisé à entrer ou à sortir. Ceux qui travaillaient la nuit dernière ont reçu l'ordre de partir de la part de l'armée. »
Ce tour de vis s'inscrit dans un contexte de répression accrue. Depuis plusieurs mois, le général Kainerugaba multiplie les arrestations d’opposants politiques et de militants. Pour les observateurs de la région, cette offensive vise à verrouiller le pouvoir et à préparer sa propre succession à la tête de l'État.
Ce n'est d'ailleurs pas un coup d'essai contre le groupe de presse. En 2013, le Daily Monitor avait déjà été suspendu pendant 13 jours pour avoir révélé un projet secret visant à installer Muhoozi Kainerugaba dans le fauteuil présidentiel de son père.
Le chef des armées ne compte pas s'arrêter là. Dimanche, il a prévenu sur ses réseaux sociaux que cette vague de fermetures n'était « que le début » et que l'armée allait « arrêter beaucoup plus de personnes ».
Face à ces menaces, le programme Afrique du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a fermement dénoncé une escalade inquiétante de la censure. Pour rappel, l'Ouganda figure déjà en queue de peloton en matière de liberté d'informer, se classant à la 143e place sur 180 au dernier bilan de Reporters sans frontières (RSF).
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