Justice, paix et gouvernance : que dit le dernier rapport de l'ONU sur le Togo ?
Le Togo fait face à des vents contraires sur le front de la gouvernance. Selon les derniers indicateurs de l’Objectif de développement durable (ODD) 16 de l’ONU — qui évalue la paix, la justice et l'efficacité des institutions —, le pays enregistre un recul notable : son score global est ainsi passé de 47,4 en 2021 à 42,5 en 2025.
Derrière cette trajectoire comptable se dessinent des défis structurels qui pèsent sur le quotidien des Togolais.
Bien que des efforts soient visibles, la perception de la corruption reste ancrée dans les esprits. Pour de nombreux citoyens, le recours au "piston" (les relations personnelles) ou aux enveloppes informelles demeure perçu comme un passage obligé pour accélérer une démarche administrative, débloquer un dossier juridique ou simplement s'épargner des tracasseries bureaucratiques.
Le paysage médiatique togolais a connu d'importantes fluctuations. L'indice de liberté de la presse a bondi de 29,3 sur 100 en 2020 à 50,9 en 2024, avant de fléchir légèrement à 48 en 2025.
Ce qu'il faut en retenir : Si les professionnels des médias disposent globalement d'un espace de travail plus ouvert qu'au début de la décennie, l'autocensure persiste. Face au risque de pressions ou de poursuites judiciaires, certains journalistes hésitent encore à s'attaquer à des sujets hautement sensibles.
L'autre point noir du rapport concerne l'univers carcéral, marqué par la lenteur des procédures judiciaires. Même si la part des prisonniers en attente de jugement a légèrement reculé (passant de 64,6 % en 2018 à 60 % en 2021), la réalité reste préoccupante : plus de la moitié des détenus au Togo croupissent en cellule sans avoir été jugés, suspendus à la reconnaissance de leur culpabilité ou de leur innocence.
Face à ces constats, l'exécutif togolais mise sur le long terme en s'attaquant à la racine du problème : l'école. En juillet 2025, le gouvernement a formalisé l'intégration de cours d'éthique, de citoyenneté et de responsabilité dans les programmes scolaires.
L'idée maîtresse est d'inculquer dès le plus jeune âge les valeurs d'honnêteté, de respect du bien public et de rejet de la corruption. En façonnant des élèves conscients de leurs devoirs civiques, les autorités espèrent voir émerger une nouvelle génération de fonctionnaires imperméables aux pots-de-vin et, à terme, restaurer le pacte de confiance entre les citoyens et l'État.
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