Mali: des "tentatives d'attaques coordonnées" en cours sur des positions des Forces armées maliennes
Des attaques coordonnées menées par des djihadistes du JNIM et leurs alliés indépendantistes du FLA visent ce samedi 4 juillet plusieurs localités du Mali, à Gao, Anéfis et Sévaré, ainsi qu'une prison au sud du pays, selon l'armée, des habitants et plusieurs sources sécuritaires.
Les combats ont débuté ce samedi 4 juillet vers 5 heures, heure locale et GMT, dans plusieurs localités maliennes. Les djihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM, affilié à Al-Qaïda) et les indépendantistes du Front de libération de l'Azawad (FLA) mènent des assauts coordonnés contre Gao et Anéfis, dans le nord, Sévaré, dans le centre, ainsi que la prison de Kenioroba, selon la même source.
Selon l'état-major des Forces armées maliennes (FAMa), cité par Jeune Afrique, des “tentatives d'attaques” visent des positions militaires à Aguelhok, Anefis, Gao, Sévaré et Kenioroba. Les FAMa assurent que “la situation est suivie”.
La FAMa confirme dans un communiqué publié dans l'après-midi que la situation "est désormais totalement sous contrôle sur toutes les positions attaquées", malgré un bilan humain faisant état de plusieurs morts et blessés.
Sur ses réseaux sociaux, l'organisation paramilitaire de défense russe en Afrique, Africa Corps, précise : "Notre source au sein des Forces armées maliennes (#FAMa) a rapporté une série de frappes aériennes sur des positions de combattants dans la ville d’Anefis (et non Gao, comme l’indiquent les autres source)." Elle constate "l’emploi de bombes aériennes lourdes", partgeant une vidéo montrant d'épaisses fumées noires au loin.
Ces attaques surviennent plus de deux mois après l'offensive d'ampleur menée par le JNIM et le FLA les 25 et 26 avril, qui avait considérablement affaibli la junte au pouvoir à Bamako et coûté la vie au ministre de la Défense.
Anefis, verrou stratégique pour rejoindre Kidal, ville conquise par le FLA en avril, est déjà le théâtre de combats à l'intérieur de la localité, selon RFI. Des militaires russes alliés de l'armée malienne y sont retranchés. "Les groupes armés sont dans la ville, mais l'armée y résiste toujours. Le camp n'est pas encore tombé", a affirmé un habitant d'Anéfis.
Des colonnes de pick-up chargés de combattants ont été aperçues entrant dans Anefis sur des vidéos diffusées par les groupes armés sur les réseaux sociaux, selon Jeune Afrique. Les assaillants seraient également parvenus à pénétrer dans Gao, où les combats se concentreraient autour de l'aéroport, selon la même source.
Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole du FLA, a indiqué que les troupes du mouvement sont entrées dans Anefis. "Plusieurs postes sont tombés mais le combat est toujours en cours à l'intérieur de la ville", a-t-il déclaré. Selon RFI, le porte-parole du FLA a également qualifié les attaques de "la libération de l'Azawad qui commence", évoquant au moins trois localités visées.
À Gao et à Sévaré, des coups de feu ont été entendus mais aucun combat n'est rapporté à ce stade dans les villes elles-mêmes, selon RFI. À Aguelhoc, un petit groupe de militaires russes et maliens serait également présent, selon la même source.
Au sud du pays, à environ 70 kilomètres de Bamako, la prison de Kenioroba a été attaquée par des hommes armés non identifiés. Plusieurs véhicules à l'intérieur de l'établissement ont été brûlés, selon une source pénitentiaire citée par RFI. "Nous sommes sous nos lits, les tirs continuent", a indiqué un détenu joint par téléphone. Les communications semblaient depuis avoir été coupées à l'intérieur de l'établissement.
La prison, ouverte en 2019 pour désengorger celle de Bamako, détient de nombreux jihadistes et avait déjà été la cible d'une offensive en mai, selon Jeune Afrique. Dans les localités visées, les rues sont désertes et les populations sont restées terrées chez elles, selon RFI.
Depuis 2012, le Mali fait face à une crise sécuritaire profonde, nourrie par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l'organisation État islamique, ainsi que par des groupes criminels communautaires, une crise qui s'ajoute à une grave crise économique.
Depuis deux coups d'État successifs en 2020 et 2021, le pays est dirigé par des militaires arrivés au pouvoir sur la promesse de rétablir la sécurité et de préserver l'intégrité territoriale de ce vaste pays désertique, confronté à une insurrection djihadiste et aux revendications indépendantistes de groupes touareg.
Le pouvoir militaire du général Assimi Goïta a tourné le dos à la France, l'ancienne puissance coloniale, pour se rapprocher de la Russie, devenue son principal allié, avec qui Bamako coopère dans les domaines de l'énergie, de la défense et de l'enseignement supérieur.
Appuyée par les paramilitaires russes du groupe Wagner, devenu depuis Africa Corps, l'armée malienne avait repris en novembre 2023 la ville de Kidal aux rebelles touareg. La reprise de la plus grande ville du nord par le FLA lors de l'offensive de fin avril a constitué un revers pour le pouvoir central, selon la même source.
Les attaques d'avril ont fait officiellement 23 morts, civils et militaires confondus. Depuis, les djihadistes et leurs alliés indépendantistes ont maintenu la pression sur la junte en bloquant des routes menant vers Bamako. Depuis septembre 2025, le JNIM a mené plusieurs blocus de la capitale, allant jusqu'à asphyxier son économie et provoquer de fortes pénuries de carburant.
Commentaires (0)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.
Se connecter
Commentez avec votre profil, votre photo, et soyez averti des réponses.