Mali : L'axe Bamako-Sénégal paralysé par une grève des transporteurs
Le Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali (Synacor) a annoncé, ce lundi 10 février 2026, la suspension immédiate de toutes les activités de transport entre Bamako et la frontière sénégalaise. Ce mouvement de protestation fait suite au massacre brutal d'un convoi de carburant survenu fin janvier.
Le syndicat exige avant tout le rapatriement des corps de leurs collègues, abandonnés sur le bord de la route entre Diboli et Kayes.
« Les activités de déchargement et toutes les autres opérations sont suspendues jusqu'à nouvel ordre. Nous reprendrons le travail dès qu'une solution sera trouvée pour nos camarades laissés sur le goudron », a martelé Aboubacar Coulibaly, chargé de communication du Synacor.
Le 29 janvier dernier, un convoi de citernes a été la cible d'une attaque d'une rare violence dans l'ouest du pays :
Cette attaque est attribuée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Si les convois de carburant sont régulièrement visés pour asphyxier l'économie malienne, le groupe a franchi un nouveau palier dans l'horreur.
En novembre dernier, le JNIM avait officiellement déclaré que les chauffeurs de camions-citernes étaient désormais considérés comme des « cibles militaires ». Cette tuerie systématique confirme la mise à exécution de cette menace, marquant une rupture avec les méthodes passées où les pertes humaines étaient moins systématiques.
Le blocage de l'axe Bamako-Kayes-Diboli, vital pour l'approvisionnement du pays, risque de peser lourdement sur une économie malienne déjà fragilisée par les blocus djihadistes successifs.
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