Sénégal : L'Assemblée durcit la répression contre l'homosexualité
Ce mercredi 11 mars, les députés sénégalais ont franchi une nouvelle étape dans l'arsenal répressif du pays en adoptant une réforme de l'article 19 du Code pénal. Ce texte aggrave considérablement les sanctions liées aux rapports entre personnes de même sexe, dans un climat social déjà marqué par de multiples arrestations.
La réforme ne se contente pas de durcir les peines existantes ; elle élargit également le champ des infractions.
| Nature de l'infraction | Ancienne peine | Nouvelle peine |
| "Actes contre nature" | 1 à 5 ans de prison | 5 à 10 ans de prison |
| Amendes financières | Jusqu'à 1,5 million FCFA | Jusqu'à 10 millions FCFA |
| Apologie / Financement | Non spécifié | 3 à 7 ans de prison |
Précision juridique : Le texte clarifie désormais la notion d'« acte contre nature » en y intégrant explicitement les rapports sexuels entre personnes de même sexe.
Le vote s'est déroulé devant une assemblée comble, dominée par le parti au pouvoir, le Pastef (109 sièges sur 165). Aucune voix ne s'est levée pour prôner la dépénalisation ou la clémence.
Malgré l'unanimité apparente sur la sanction, le député non aligné Thierno Alassane Sall a nuancé la portée de ce vote. Selon lui, cette surenchère législative sert de « diversion » face à la crise économique et sociale profonde que traverse le Sénégal.
De leur côté, les organisations de défense des droits de l'homme s'alarment. Elles craignent que ce durcissement législatif ne légitime davantage les violences et n'accentue le climat d'hostilité envers la communauté LGBTQ+ dans le pays.
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