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Bangolo : Le meurtre d'un planteur par un Dozo embrase le Guémon

Auteur: Ivoirematin

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Bangolo : Le meurtre d'un planteur par un Dozo embrase le Guémon

Le dimanche 8 mars, la localité de Bangolo, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, a été le théâtre d’un drame qui ravive de vieilles cicatrices sécuritaires. Un jeune agriculteur, Yao Koffi Jules, a perdu la vie pour une somme dérisoire lors d'une altercation avec un chasseur traditionnel Dozo.

Une altercation fatale pour 500 francs CFA

Alors qu’il retournait à son campement de Langakro, celui que ses proches surnommaient « Béhi » a été intercepté à un barrage de fortune tenu par des Dozos. Selon les témoignages recueillis sur place, les vigiles auraient exigé le paiement de 500 francs CFA pour lui permettre de continuer sa route.

Faute de monnaie, le jeune homme a tenté de négocier un paiement différé. La discussion s'est envenimée jusqu'au coup de feu fatal. Yao Koffi Jules est décédé sur le coup, laissant une communauté meurtrie et révoltée par la futilité du motif.

Le ras-le-bol face au "système Dozo"

Si le tireur présumé a été arrêté par la gendarmerie, l'incident dépasse le simple fait divers. Depuis la crise de 2011, ces chasseurs traditionnels — initialement guérisseurs et mystiques — se sont mués en force de sécurité supplétive, opérant souvent en toute illégalité.

  1. Contrôles abusifs : Multiplication des checkpoints et des taxes informelles.
  2. Insécurité croissante : Une présence perçue par les populations autochtones comme une menace plutôt qu'une protection.
  3. Cadre légal flou : Un exercice du pouvoir sans mandat officiel des autorités républicaines.

"Trop c’est trop" : La classe politique s'insurge

L'indignation a rapidement gagné le terrain politique. Billaud Zéréhoué Daniel, cadre local du PPA-CI, est monté au créneau pour dénoncer un « crime crapuleux ».

« S'ils ont le droit de pratiquer leur culture, ils n'ont pas le droit de faire usage de leurs armes sur des êtres humains », a-t-il martelé, exigeant le démantèlement immédiat de tous les postes de contrôle tenus par ces milices civiles.

Une tension palpable dans l'attente d'une réponse de l'État

Face à ce drame, le silence du gouvernement et des autorités administratives commence à peser. Les chefs de communauté craignent que l'absence de mesures fermes ne pousse les populations vers la justice privée.

Le corps de Yao Koffi Jules sera rapatrié vers Souamékro (Bocanda) pour une inhumation prévue le 20 mars. À Bangolo, le calme est de façade : la méfiance envers les Dozos est à son paroxysme et l'on attend que l'État siffle enfin la fin de l'impunité.

Auteur: Ivoirematin
Publié le: Mardi 10 Mars 2026

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