L’ACAT CI se mobilise pour dépénaliser les délits mineurs et désengorger les prisons
Face à une surpopulation carcérale devenue critique, l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture en Côte d’Ivoire (ACAT CI) propose une réforme majeure : substituer la prison par des sanctions alternatives pour les petites infractions.
Jeudi 28 mai 2026, l’ACAT CI a officiellement présenté à Abidjan son nouveau projet de plaidoyer. Menée en partenariat avec l’ONG Planète Paix, cette initiative bénéficie de l'appui technique de la Fédération internationale des ACAT (FIACAT) et du soutien financier de l’Agence française de développement (AFD).
La situation dans les pénitenciers ivoiriens est alarmante. Les chiffres clés présentés par Yéo Marie, coordonnatrice du projet, parlent d'eux-mêmes :
« Cette surpopulation asphyxiante compromet gravement le respect des droits fondamentaux des détenus, qu'il s'agisse de l'accès aux soins ou à une alimentation décente », alerte Mme Yéo.
Selon le comité scientifique de l'ONG, l'incarcération systématique pour des délits mineurs est l'un des principaux moteurs de cette crise.
Pour le président de l’ACAT CI, Kouadio Paul, il est urgent de privilégier des réponses sociales et éducatives plutôt que carcérales. Il souligne que de nombreuses incarcérations découlent directement de la précarité :
Touré Josiane, responsable du comité scientifique, rappelle que le Code pénal ivoirien prévoit encore de la prison ferme pour des atteintes légères aux biens. L'objectif est donc de toiletter ces textes obsolètes.
Déployé sur six mois (du 12 janvier au 11 juillet 2026), le projet a déjà permis de concevoir un livret de sensibilisation sur les délits mineurs. Ce document, basé sur les standards internationaux des droits de l'homme, servira de levier auprès des décideurs.
L’ACAT CI entend mener un lobbying actif auprès du ministère de la Justice et des parlementaires pour imposer des peines alternatives à la détention, telles que :
Cette démarche a été chaleureusement saluée par Traoré Souleymane, représentant de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), qui y voit une avancée cruciale vers l’humanisation des conditions de détention en Côte d’Ivoire.
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