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Filière Cajou : Le blocage du programme CCA–BNI paralyse 150 000 tonnes de transformation locale

Auteur: Ivoirematin

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Filière Cajou : Le blocage du programme CCA–BNI paralyse 150 000 tonnes de transformation locale

Alors que la Côte d’Ivoire ambitionne de devenir un géant industriel de l'anacarde, le moteur de cette transformation s’enraye. Aujourd’hui, treize usines ivoiriennes, représentant une capacité annuelle de 150 000 tonnes, sont prises au piège des dysfonctionnements du mécanisme de financement CCA–BNI.

Un dispositif à bout de souffle

Lancé il y a quatre ans par le Conseil Coton-Anacarde (CCA) et le Conseil interministériel, ce programme devait propulser des "champions nationaux". Le bilan est pourtant alarmant : sur les quatorze transformateurs initiaux, seuls six sont encore en activité dans le cadre du dispositif.

Les causes de cette hécatombe sont identifiées :

  1. Retards chroniques : Les fonds sont généralement débloqués en avril ou mai, alors que la campagne touche à sa fin et que les stocks de noix sont déjà épuisés.
  2. Déficit de coordination : L'absence de règles claires entre les parties prenantes a fragilisé les structures les plus vulnérables.

L’imbroglio de la "Convention Cadre"

Pour stopper l'hémorragie, une convention cadre tripartite a été validée il y a plus d'un an par le Conseil interministériel. Ce document prévoit une visibilité sur trois ans et impose à la BNI de mettre en place les lignes de crédit deux mois avant le début de chaque campagne.

Le point de blocage : Si le CCA a déjà signé le document, la BNI refuse toujours d'y apposer sa signature, rendant le texte caduc et laissant les industriels dans l'incertitude totale.

Des entreprises au bord du gouffre

La situation actuelle se divise en deux fronts de crise :

  1. Les "rescapés" du programme : (Ivory Cashew Nuts, Sita SA, Sobery, Foods’Co, Nord Cajou et Coprodigo) attendent toujours le renouvellement de leurs lignes de crédit, plus d'un mois après l'ouverture de la campagne (9 février).
  2. Les exclus du système : Six autres transformateurs (STNC, Ivoire Anacarde-Bozy, TINC, Cabel, Afrique Agri Industrie et Africajou), pesant 80 000 tonnes de capacité, sont livrés à eux-mêmes pour s'approvisionner en matière première.

Une réaction feutrée du côté de la banque

Interrogée ce lundi 9 mars 2026, la direction de la communication de la BNI affiche une sérénité qui tranche avec l'urgence du terrain. L'institution affirme suivre le dossier de près, minimisant la gravité de la situation par l'absence de prise de parole officielle du Directeur Général : « Si la gravité des faits était avérée, le DG se serait déjà exprimé », a-t-on laconiquement déclaré.

En résumé : Les chiffres clés du blocage

IndicateurDonnée
Capacité totale affectée150 000 tonnes / an
Entreprises en difficulté13 unités industrielles
Délai légal de financement2 mois avant la campagne (non respecté)
Statut de la conventionSignée par le CCA, en attente BNI

L'enjeu est désormais de taille : sauver les investissements massifs réalisés et éviter que les usines ivoiriennes ne deviennent des coquilles vides au profit de l'exportation brute.

Auteur: Ivoirematin
Publié le: Mardi 10 Mars 2026

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