Niakara en manque d’eau : musulmans et chrétiens éprouvés en temps de jeûne
À Niakara, chef-lieu de département dans la région du Hambol, l’accès à l’eau potable est devenu un véritable parcours du combattant pour les populations. En cette période particulière marquée par la concomitance du Ramadan et du Carême chrétien, le déficit hydrique vient alourdir le quotidien des fidèles musulmans et chrétiens, lundi 02 mars 2026.
Dans plusieurs quartiers, les robinets restent désespérément secs pendant de longues heures. À Kalêhê-Extension, Aïssata Coulibaly raconte se lever dès 4 heures du matin dans l’espoir de remplir quelques bidons. « Comme l’eau ne coule pas, il faut parcourir de longues distances », confie-t-elle, épuisée par cette routine devenue pesante.
Au quartier Résidentiel, le constat est le même. Marie-Claire Yao déplore les difficultés accrues en période de Carême. « Nous multiplions les temps de prières et les activités à l’église. Le manque d’eau rend les tâches ménagères plus pénibles et crée des tensions dans les familles », explique-t-elle.
Face à la grogne des populations, l’Office national de l’eau potable (ONEP), en collaboration avec les autorités administratives locales, a instauré depuis deux semaines un système de ravitaillement par secteur, selon un calendrier préétabli. Une mesure transitoire qui atténue partiellement les difficultés, sans pour autant régler le problème de fond.
Les regards restent désormais tournés vers la concrétisation du projet de raccordement de la ville et des villages environnants au barrage hydraulique de Kafiné, avec à la clé la construction d’un nouveau château d’eau. Une attente forte pour les habitants de la sous-préfecture et de la commune, confrontés à une croissance démographique fulgurante.
Selon les données de l’Agence nationale de la statistique (ANStat), la population est passée de 16 812 habitants en 1998 à 78 301 en 2021, d’après le Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH). Une explosion démographique qui met à rude épreuve des infrastructures hydrauliques devenues insuffisantes.
À cette pression urbaine s’ajoute le réchauffement climatique, accentuant depuis deux mois un déficit hydrique prononcé. Une situation particulièrement éprouvante en cette période de pénitence et de recueillement, où les besoins en eau sont accrus pour les ablutions, la préparation des repas de rupture du jeûne et les usages domestiques.
À Niakara, l’espoir d’une solution durable demeure plus que jamais une urgence.
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