Condamnée à 3 ans de prison : Pulchérie Gbalet dénonce un procès « sans audience effective »
L’affaire trouve son origine dans l’arrestation, le 10 juillet 2022 à Bamako, de 49 militaires ivoiriens, un épisode qui avait provoqué une vive tension diplomatique entre la Côte d’Ivoire et le Mali.
Alors que les autorités ivoiriennes étaient critiquées pour leur manque de communication sur le dossier, plusieurs acteurs de la société civile avaient entrepris des démarches afin de recueillir des informations sur place. Parmi eux figurait Pulchérie Gbalet, qui avait rencontré les familles des soldats détenus et appelé l’État ivoirien à présenter des excuses officielles aux autorités maliennes.
À la suite de ces prises de position, l’activiste a été soupçonnée de collusion avec une puissance étrangère. Elle a été interpellée le 3 août 2022 à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan avant d’être placée en garde à vue. Son passeport avait également été saisi.
Le 26 août 2022, le procureur de la République, Adou Richard, annonçait des poursuites à son encontre pour « diffusion de nouvelles fausses » et « manœuvres de nature à jeter le discrédit sur les institutions ». En février 2023, Pulchérie Gbalet avait obtenu une liberté provisoire, mais sous un strict contrôle judiciaire. Cette mesure lui imposait notamment une interdiction de quitter le territoire sans autorisation préalable ainsi qu’une obligation de se présenter chaque semaine devant le cabinet d’instruction.
Selon la prévenue, plusieurs demandes de sortie du territoire sont restées sans suite, à l’exception d’une autorisation accordée en juin 2025. Une nouvelle requête introduite en septembre 2025 aurait été rejetée au motif de la nécessité de sa présence pour la tenue du procès. Pourtant, soutient-elle, l’affaire des 49 militaires ivoiriens était déjà close sur le plan international à cette période.
Après plusieurs renvois, le tribunal a finalement rendu sa décision le 29 mai 2026. Pulchérie Gbalet a été reconnue coupable de diffusion de fausses informations et de trouble à l’ordre public. Elle a été condamnée à trois ans d’emprisonnement ainsi qu’au paiement d’une amende de deux millions de francs CFA, outre les dépens.
Réagissant à cette décision, l’activiste affirme qu’« aucune audience effective n’a eu lieu » et conteste les conditions dans lesquelles le jugement a été rendu. Elle dénonce un jugement par contumace et estime que cette condamnation s’inscrit dans une volonté de réduire au silence les voix critiques et dissidentes.
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