Côte d’Ivoire-Mali : le cyberactiviste Abdoul Aziz Maïga remis en liberté après plusieurs semaines de détention à Abidjan
Le journaliste, blogueur et cyberactiviste malien Abdoul Aziz Maïga, connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme « Aziz Maïga ne ment pas », a recouvré la liberté le vendredi 19 juin après plusieurs semaines de détention en Côte d’Ivoire. L’information a été rendue publique par sa famille à travers un communiqué publié le lendemain sur sa page Facebook officielle.
Détenu depuis le 3 mai à Abidjan dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons d’espionnage, Abdoul Aziz Maïga était poursuivi pour « rassemblement de renseignements au profit d’une puissance étrangère en vue de porter atteinte à l’intégrité de la Côte d’Ivoire et à la sécurité nationale ».
Arrêté puis placé en garde à vue dès son interpellation, le cyberactiviste avait été placé sous mandat de dépôt le 27 mai par un juge d’instruction.
« Ce jour est avant tout celui d’une délivrance, mais aussi celui d’une reconnaissance », a indiqué sa famille dans son communiqué, remerciant l’ensemble des personnes ayant contribué à sa libération.
Son avocat, Me Vincent Brengarth, a salué une décision attendue. « C’est la décision logique que nous espérions. Nous attendons désormais l’abandon des charges », a-t-il déclaré.
Se présentant comme journaliste, blogueur et analyste malien, Abdoul Aziz Maïga est suivi par plus de 150 000 abonnés sur les réseaux sociaux. Il y partage régulièrement des analyses sur le conflit au Mali et l’actualité sociopolitique de la sous-région, avec des positions souvent perçues comme favorables aux autorités de transition maliennes.
Son arrestation avait suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, certains internautes ivoiriens rappelant ses prises de position critiques à l’égard de la Côte d’Ivoire et remettant en circulation plusieurs de ses anciennes publications.
Pour sa défense, Me Brengarth avait estimé que les poursuites engagées contre son client étaient liées à ses activités de communication et relevaient de l’exercice de la liberté d’expression.
Cette affaire intervient dans un contexte de relations parfois tendues entre la Côte d’Ivoire et le Mali depuis les changements de régime intervenus à Bamako à la suite des coups d’État de 2020 et 2021. Le président ivoirien Alassane Ouattara a, à plusieurs reprises, affiché une position ferme à l’égard des prises de pouvoir militaires dans la région sahélienne.
L’affaire rappelle également celle du député malien Mamadou Hawa Gassama, arrêté à Abidjan en juillet 2025 lors d’un séjour privé. Condamné en janvier dernier à trois ans de prison pour offense et propos outrageants envers le chef de l’État ivoirien, il avait finalement bénéficié d’une grâce présidentielle après avoir présenté ses excuses.
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