Burkina: un officier aurait reçu 8 millions F pour un coup d’État
Un officier burkinabè a reconnu avoir participé à une tentative de coup d’État orchestrée depuis le Togo par l’ancien président de la transition, Paul-Henri Sandaogo Damiba, et avoir reçu 8 millions de FCFA dans ce cadre.
Le capitaine Coulidiati Prospère, officier en service à l’État-major de l’armée de l’air burkinabè, a reconnu jeudi avoir participé à une tentative de déstabilisation du pouvoir en place, dans le cadre d’un complot qu’aurait orchestré depuis le Togo, l’ancien dirigeant de la transition Paul-Henri Sandaogo Damiba.
Arrêté le 2 janvier 2026, l’officier de la 17e promotion de l’Académie militaire Georges Namoano de Pô a livré des aveux détaillés sur son implication dans ce projet de coup d’État.
Selon ses déclarations diffusées jeudi soir par la RTB, le capitaine Coulidiati a été contacté deux semaines avant son arrestation par le lieutenant-colonel Damiba depuis un numéro togolais. « Il m’a fait signe sur l’application Zangi (une application de messagerie cryptée basique, comparable à WhatsApp, Signal ou Telegram, ndlr) pour prendre de mes nouvelles sans dire autre chose », a-t-il expliqué, précisant que les échanges se faisaient « en paraboles » avec des codes.
Les communications se sont ensuite poursuivies via l’application cryptée Signal, où le capitaine Ouédraogo David, surnommé « le roi David » et actuellement basé au Ghana, servait d’intermédiaire. Les messages étaient programmés pour disparaître automatiquement après 30 secondes.
Le 31 décembre 2025, l’officier a reçu mission de récupérer un colis contenant 8 millions de FCFA. Il reconnaît avoir soustrait 3 millions avant de faire remettre les 5 millions restants au destinataire par l’intermédiaire de son frère, Sawadogo Robert.
Le 2 janvier au soir, le colonel Damiba lui a confié une mission d’élimination visant le capitaine Passeré, commandant de la base de drones de Saponé, désignée comme « l’obstacle » principal selon les conjurés. L’objectif était de neutraliser les drones pour permettre aux unités rebelles d’entrer en action.
L’opération devait être déclenchée le 3 janvier 2026 à 23 heures. Depuis sa position à l’étranger, le lieutenant-colonel Damiba aurait installé un poste de commandement d’où il coordonnait plusieurs « missionnaires » dont il était le seul à connaître l’identité complète.
Dans ses aveux, le capitaine Coulidiati a demandé « clémence au président Ibrahim Traoré, à la population et à toute la hiérarchie militaire ». Cette affaire s’inscrit dans la série de témoignages actuellement diffusés sur les personnes impliquées dans cette tentative de déstabilisation.
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