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Mali: le blocus des jihadistes du Jnim s'installe peu à peu autour de Bamako

Auteur: rfi.fr

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Mali: le blocus des jihadistes du Jnim s'installe peu à peu autour de Bamako

Au Mali, le groupe jihadiste du JNIM met à exécution sa menace de placer Bamako sous blocus, après les attaques jihadistes et rebelles sans précédent qui ont frappé le cœur du régime à Kati, près de Bamako, où le ministre de la Défense a été tué. Des revers ont été enregistrés aussi à l’intérieur du pays, où l’armée a perdu le contrôle de plusieurs villes stratégiques au profit des rebelles.

Publié le : 30/04/2026 - 05:40Modifié le : 30/04/2026 - 12:34

3 minTemps de lecture

Des motards traversant un pont à Bamako, le 26 avril 2026.

Désormais, l’étau se resserre autour de la capitale. Depuis mercredi, plusieurs axes routiers sont coupés ou fortement perturbés.

À l’ouest, sur l’axe Bamako-Kéniéba, la route est bloquée. À Sorybougou, à moins de 80 kilomètres de Bamako, des centaines de véhicules sont immobilisés, camions, cars, voitures particulières. À bord, des passagers épuisés, coincés depuis des heures.

Un chauffeur témoigne : « Ils nous ont arrêtés ici, à Sorybougou. Ils disent qu’aucun véhicule ne peut partir en direction de Bamako. Nous sommes toujours sur place : il y a des cars et beaucoup d’autres véhicules, des poids lourds, ainsi que des camions transportant du charbon de bois. Il y a plus de 1 000 véhicules ici. Parmi eux, au moins 80 cars de voyageurs. Les passagers sont nombreux, dispersés dans la forêt. Ils n’ont même pas d’eau à boire. Ils n’ont agressé personne, ils ont juste coupé la route. Même les motos ne passent pas. Les véhicules qui viennent de Bamako peuvent passer, mais ceux qui veulent entrer à Bamako, c’est impossible. »

« La seule solution, c’était de rebrousser chemin »

Sur le même tronçon, d’autres préfèrent rebrousser chemin comme cet usager qui souhaite garder l’anonymat : « Nous avons quitté Kéniéba pour nous rendre à Bamako. Nous avons dépassé Kita et sommes arrivés à Néguéla. Là-bas, on nous a informés que la route était bloquée et qu’il était impossible d’aller à Bamako. La seule solution, c’était de rebrousser chemin. Franchement, c’est une situation très inquiétante. »

Au sud, même scénario sur la route de Sikasso. À Ouélessébougou, le JNIM impose un blocus strict à tous les véhicules en direction de Bamako. Selon un contact qui voulait se rendre dans la capitale malienne, son bus qui partait de la ville de Bougouni est arrivé du côté de Keleya, à 100 km au sud de Bamako, où des combattants du JNIM ont forcé le conducteur à rebrousser chemin.

À l’est, le tronçon Bamako-Kourémalé est lui aussi paralysé. Selon une autre source contactée par nos soins, des centaines de véhicules étaient bloqués mercredi par le JNIM à Naréna, ville située sur cette route. Sur l’axe Bamako-Ségou, les transporteurs s’adaptent. Ils contournent la zone bloquée, vers la forêt de Faya, un détour par le pont de Kayo, sur la route de Koulikoro, pour enfin arriver à Bamako.

Selon nos informations, les jihadistes laissent sortir les habitants de Bamako, mais interdisent d'y entrer. Nous sommes tout de même en mesure de confirmer que des bus, qui ont contourné les axes principaux, ont pu rejoindre Bamako mercredi.

Auteur: rfi.fr
Publié le: Jeudi 30 Avril 2026

Commentaires (1)

  • image
    Témour il y a 7 heures
    Le basculement de la menace terroriste vers l'ouest du Sahel impose un nouveau défi existentiel : la préservation des artères économiques vitales reliant les pays enclavés (Mali, Burkina Faso) aux façades maritimes. Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) déploie désormais une véritable stratégie de « guerre économique », visant à isoler les capitales et à délégitimer les États. #### I. Analyse Actualisée de la Menace sur les Trois Axes Majeurs **1. L'axe Dakar–Kayes–Bamako : L'épicentre du blocus économique** Ce corridor est le plus critique, facilitant le transit de 70 % des importations maliennes via le port de Dakar et 30 % du fret terrestre global. Depuis le second semestre 2025, le JNIM y a instauré un blocus ciblant les régions de Nioro du Sahel et de Kayes. La stratégie inclut des **attaques coordonnées contre les centres urbains et postes-frontières** (comme à Diboli et Kayes en juillet 2025), le **sabotage des infrastructures** (incendie des engins de l'entreprise COVEC sur la RN1) et l'**enlèvement de chauffeurs routiers** sénégalais. L'objectif est d'asphyxier Bamako et de priver l'État des revenus liés à l'orpaillage, fortement concentré dans la région de Kayes. L'enjeu est de sécuriser 520 km de Diboli Kayes Bamako ainsi que les communes appuis comme Bafoulabe Kita kati, Melgué, Sandaré , Diéma ou Didiéni . **2. L'axe Bamako–Zantiébougou–Boundiali–San Pedro (Projet PR8) : L'alternative de résilience** Face à la vulnérabilité de l'axe sénégalais, le développement de ce corridor vers la Côte d'Ivoire (budget de 138 milliards de FCFA) est devenu une priorité absolue. Achevé en grande partie début 2026, il inclut le **bitumage stratégique de la section Boundiali-Kani** (réduisant le temps de trajet de 6h à 1h30) et la finalisation du Poste Frontalier Juxtaposé (PCJ) de Ninguni. Pour contrer l'influence jihadiste, ce projet intègre une **forte dimension d'acceptabilité sociale**, incluant l'électrification et l'accès à l'eau pour les 21 communautés riveraines, limitant ainsi le recrutement par les groupes armés. **3. L'axe Abidjan–Bobo-Dioulasso–Bamako : Contenir la Katiba Macina** Cet axe historique fait face à la pression continue de la Katiba Macina, qui tente de créer des sanctuaires dans le nord de la Côte d'Ivoire via une économie criminelle (braquages routiers, vols de bétail très lucratifs). La Côte d'Ivoire déploie une **double approche** : une modernisation militaire accélérée (bases avancées, unités antiterroristes frontalières) couplée au « Plan Nord », un vaste **programme d'investissements socio-économiques** ciblant l'emploi des jeunes et des femmes pour assécher le vivier de recrutement terroriste. --- #### II. Principales Options Stratégiques Globales Pour sécuriser ces flux transfrontaliers, les États et alliances régionales doivent déployer une stratégie multidimensionnelle : **1. L'approche de sécurisation militaire et de mobilité** * **Fortification des points névralgiques :** Les postes-frontières stratégiques (comme Diboli et Gogui) doivent être transformés en bases d'appui lourdement fortifiées capables de repousser des assauts massifs. * **Déploiement d'unités agiles de type GAR-SI :** Le modèle des Groupes d'Action Rapide (GAR-SI) — composé de gendarmes mobiles autonomes, équipés de blindés légers et de drones tactiques — doit être systématisé pour assurer l'escorte des convois et mener des actions de contre-embuscade agressives. **2. Le maillage technologique et la supériorité aérienne** * **La bulle de surveillance persistante :** L'acquisition de drones lourds (comme le Bayraktar TB2 et l'Akıncı) permet de maintenir une couverture aérienne continue, de jour comme de nuit, sur les 1 200 km de corridors, privant les terroristes de l'avantage de l'obscurité pour poser des mines. * **Interopérabilité technologique :** La digitalisation des corridors et le suivi GPS des flottes de camions civils (comme le prévoit la Côte d'Ivoire) sont essentiels pour localiser immédiatement toute anomalie de transit. **3. La coopération transfrontalière et diplomatique** * **Fusion du renseignement et droit de poursuite :** La création d'une cellule de renseignement tripartite (Mali, Sénégal, Mauritanie) et d'un état-major conjoint est indispensable. Cela doit s'accompagner d'accords de droit de poursuite transfrontalier pour empêcher le JNIM d'utiliser les pays côtiers comme bases arrière. * **Pragmatisme institutionnel :** Malgré les tensions politiques, un canal technique doit être maintenu entre l'Alliance des États du Sahel (AES) et la CEDEAO pour garantir le partage des données douanières et criminelles. --- #### III. Plan Tactique Détaillé pour l'Escorte et la Sécurisation des Convois Sur le terrain, face à la double menace des attaques complexes et des Engins Explosifs Improvisés (EEI), la progression des convois doit suivre un protocole strict : **1. Phase de planification (Avant le départ)** * **Analyse du renseignement :** Le commandant du convoi doit identifier les *hot spots* (zones de précédentes embuscades) à l'aide des drones et des renseignements locaux, et coordonner les communications avec l'appui aérien et les unités d'évacuation sanitaire (EVASAN). **2. Phase de mouvement et de protection (Sur l'axe routier)** * **Ligne de vie et ouverture d'itinéraire :** Le convoi doit obligatoirement être précédé d'une avant-garde du génie militaire, équipée de véhicules détecteurs de mines (C-IED), chargée de tracer une voie sécurisée que les camions suivants ne doivent sous aucun prétexte quitter. * **Protection à 360 degrés et dynamique :** Les véhicules blindés d'escorte doivent être répartis à l'intérieur de la colonne civile et sur les flancs, adaptant leur formation en fonction de la topographie. La consigne stricte est le maintien de la vitesse : **les haltes inutiles sont interdites** pour ne pas offrir de cible statique. * **Appui aérien :** L'itinéraire doit être "éclairé" en amont par des drones tactiques ou des hélicoptères pour détecter les rassemblements suspects ou les véhicules kamikazes (VBIED). **3. Gestion des arrêts d'urgence et du bivouac** * **La règle de la bulle de sécurité (5/25) :** En cas de panne (fréquente sur les pistes dégradées), les soldats débarquent immédiatement pour inspecter minutieusement le sol à 5 mètres, puis jusqu'à 25 mètres autour du véhicule immobilisé, afin d'écarter tout piège explosif avant l'intervention expresse des mécaniciens. * **Stationnement défensif :** Lors des arrêts nocturnes, les véhicules doivent être garés de manière compacte pour protéger les cargaisons sensibles (carburant). Une stricte discipline de la lumière (extinction des phares) et le déploiement de sentinelles avancées sont obligatoires.

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