RD Congo : quinze migrants originaires d'Amérique latine expulsés des États-Unis à Kinshasa
Une quinzaine de personnes toutes originaires d'Amérique latine expulsées des États-Unis ont atterri ce vendredi 17 avril à Kinshasa. Elles ont été envoyées en République démocratique du Congo dans le cadre d'un accord signé entre Donald Trump et Félix Tshisekedi.
Le 5 avril 2026, le gouvernement congolais a annoncé dans un communiqué la mise en œuvre d'un "dispositif d’accueil temporaire de ressortissants de pays tiers relevant des mécanismes migratoires des États-Unis".
Cet accord intervient après des discussions entre Kinshasa et Washington sur le plan sanitaire et minier. Fin février, les deux pays ont signé un partenariat en matière de santé d'un montant de 1,2 milliard de dollars, avec notamment l'objectif pour les États-Unis de récolter des données dans le cadre de la lutte contre les grandes épidémies.
Il s'agit du dernier exemple en date de l'administration Trump utilisant des accords avec des pays africains pour accélérer les expulsions de migrants dans des circonstances controversées qui ont soulevé des questions sur le respect des droits des migrants.
L'ONG Human Rights Watch a estimé en septembre que ces expulsions par les États-Unis dans le cadre "d'accords opaques" violaient le droit international et devaient être rejetées.
Un responsable de l'agence congolaise des migrations a confirmé les arrivées mais n'a pas fourni de détails. Au total, sept femmes et huit hommes ont été débarqués d'un vol en provenance des États-Unis, qui a atterri à l'aéroport de Ndjili dans la capitale de la RDC, selon une source proche de la présidence congolaise. Il s'agit de personnes originaires du Pérou et d’Équateur, précise la même source.
Le gouvernement congolais envisage de les maintenir dans le pays pendant une courte période, a déclaré à Associated Press l'avocate américaine Alma David, qui représente l'un des expulsés et s'entretient avec son client depuis son arrivée à Kinshasa.
On pense que tous les expulsés bénéficient d’une protection juridique de la part des juges américains, les protégeant contre tout renvoi dans leur pays d’origine, a déclaré Maître David. Les déportés seraient hébergés dans un hôtel à Kinshasa.
L'Organisation internationale pour les migrations, une agence affiliée aux Nations Unies, sera impliquée pour proposer "une aide au retour volontaire", a déclaré Maître Alama David en ajoutant que "le fait que l'accent soit mis sur la facilitation d'un retour "volontaire" dans leur pays d'origine alors qu'ils ont passé des mois en détention pour immigrants aux États-Unis, luttant durement pour ne pas avoir à rentrer chez eux est très alarmant".
Le ministère congolais des Communications a déclaré dans un communiqué au début du mois qu'il accueillerait un certain nombre de migrants en provenance des États-Unis.
Le ministère congolais des Communications a décrit l'accord comme étant "temporaire" et qui reflète "l'engagement du Congo en faveur de la dignité humaine et de la solidarité internationale". Cela entraînerait un coût nul pour le gouvernement, les États-Unis prenant en charge la logistique nécessaire, a-t-il ajouté.
Le communiqué indique qu'aucun transfert automatique des expulsés n'est prévu, ajoutant : "Chaque situation sera soumise à un examen individuel conformément aux lois de la République et aux exigences de sécurité nationale".
D'autres migrants expulsés du sol américain doivent arriver prochainement à Kinshasa, au rythme d'une cinquantaine par mois environ, selon des sources proches du dossier. Le nombre total de personnes qui seront accueillies par la RDC n'est pas connu à ce stade.
Plus largement, les modalités qui entourent l'accord signé entre Kinshasa et Washington restent floues. Aucune source gouvernementale n’a été en mesure de préciser les éventuelles contreparties accordées au gouvernement congolais.
Les États-Unis ont conclu de tels accords d’expulsion de pays tiers avec au moins sept autres pays africains, dont beaucoup parmi les pays les plus touchés par les politiques de l’administration Trump qui ont restreint le commerce, l’aide et la migration.
L’administration Trump a dépensé au moins 40 millions de dollars pour expulser environ 300 migrants vers des pays autres que le leur, selon un rapport publié récemment par le personnel démocrate de la commission sénatoriale des relations étrangères.
Ces derniers mois, plusieurs pays africains dont la Guinée équatoriale, le Ghana, le Rwanda, le Soudan du Sud, le Cameroun ou encore Eswatini ont accepté d'accueillir des personnes expulsées par les États-Unis.
Des avocats et des militants ont soulevé des questions sur la nature des accords conclus avec des pays d’Afrique et d’ailleurs. Plusieurs des pays africains qui ont signé de tels accords ont des gouvernements notoirement répressifs et un mauvais bilan en matière de droits humains, notamment l’Eswatini, le Soudan du Sud et la Guinée équatoriale.
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