Ce qu’il faut savoir sur la nouvelle réforme des associations
Après 64 ans de statu quo, la Côte d’Ivoire modernise enfin son cadre légal. Le 19 mars dernier, l’Assemblée nationale a définitivement adopté l’ordonnance n°2024-368, un texte qui vient dépoussiérer la loi de 1960 pour l'adapter aux enjeux contemporains de la société civile.
L'un des changements majeurs réside dans la distinction des procédures selon la nature de l'organisation. La réforme instaure deux régimes distincts :
L'État ivoirien ne se contente pas de simplifier ; il renforce sa vigilance. Pour plus de transparence, les organisations de la société civile (OSC) sont désormais soumises à de nouvelles obligations comptables et administratives :
Si la modernisation d'un texte datant de l'indépendance semble nécessaire, elle ne fait pas l'unanimité. Une partie de la société civile craint que ce renforcement du contrôle étatique ne devienne un frein à l'indépendance associative ou ne porte atteinte à la liberté de culte.
L'enjeu : Réussir à sécuriser l'espace associatif sans étouffer les voix qui le composent.
L’œil de l’expert : Cette réforme se situe au carrefour d'une ambition administrative et d'un impératif démocratique. C’est à l'épreuve du terrain que l'on saura si cette loi favorise réellement l'essor de la société civile ou si elle marque un tournant vers un encadrement plus rigide de l'espace public ivoirien.
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