EPP N’Tanouan 4 : Le calvaire quotidien de 682 élèves d'Abobo face à l'insalubrité et l'insécurité
Située au cœur de la commune d’Abobo (Abidjan Nord) au sein du groupe scolaire N’Tanouan BAD, l’École primaire publique (EPP) N’Tanouan 4 est à bout de souffle. Dans cet établissement de six classes, l'apprentissage s’apparente à un combat de tous les instants pour les 682 élèves et leurs 18 enseignants. Entre infrastructures en ruine, insalubrité chronique et insécurité permanente, la communauté éducative tire la sonnette d’alarme.
Fondée en 1994, l’école n'a jamais connu de rénovation majeure en plus de trente ans. Le constat est sans appel dès le portail : une large mare d’eau stagnante transforme la cour en marécage, favorisant la prolifération des moustiques. À cela s'ajoutent des toitures percées, des murs décrépits et une clôture en partie effondrée.
La situation vire au cauchemar pendant la saison des pluies :
« Quand un enfant a de la fièvre, je vais acheter des médicaments à la pharmacie de ma propre poche, sans rien demander aux parents », confie le directeur, Mambo Henri Jean-Jacques, en poste depuis 2023.
L'insécurité est l'autre fléau majeur de l'EPP N’Tanouan 4. Faute d'une clôture hermétique, l'établissement subit des intrusions quotidiennes.
L'hygiène y est déplorable. Sur les 12 toilettes de l'école, seules 4 sont encore fonctionnelles ; les autres sont bouchées depuis des années. Face à cette pénurie, certains enfants se soulagent à même le sol, aggravant la détresse sanitaire générale.
Malgré les rapports, les photos prises par les services municipaux et les courriers répétés adressés à la Direction régionale de l'Éducation nationale et de l'Alphabétisation (DRENA-ET), les promesses de réhabilitation restent lettre morte.
Le Comité de gestion des établissements scolaires (COGES), représenté par Abia Juste, se retrouve quant à lui les mains liées. Les réformes interdisent désormais toute levée de cotisations auprès des familles.
« C’est l’État qui finance le COGES aujourd'hui. Les cotisations sont strictement interdites. Nous gérons des miettes pour réparer quelques bancs ou entretenir les latrines, mais c'est dérisoire face à l'effectif pléthorique des classes », explique-t-il, avant de lancer un cri du cœur : « Ne laissez pas mourir l’école, car c’est le temple du savoir ! »
Le directeur résume les trois priorités absolues pour sauver l'établissement :
Malgré ce tableau sombre, l’EPP N’Tanouan 4 réalise de véritables miracles pédagogiques. Preuve de la résilience et du dévouement du corps enseignant, l'école se maintient systématiquement au-dessus de la moyenne nationale.
Cette année, l'établissement a enregistré un taux exceptionnel de 90 % d'admis à l'entrée en classe de Sixième. Une lueur d'espoir portée par des enfants et des maîtres qui refusent de baisser les bras face à l'adversité, dans l'attente d'un geste fort des autorités.
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