La Russie teste sa propre version de Starlink et a mis en orbite ses premiers satellites
La Russie travaille actuellement au développement de sa propre version du Starlink, et les 16 premiers satellites Rassvet sont déjà en orbite. Rien ne permet pour l'instant de confirmer une utilisation militaire, détaille le média public ukrainien Suspilne dans cet article.
La Russie travaille actuellement au développement de sa propre version de Starlink. Seize premiers satellites "Rassvet" sont déjà en orbite. Toutefois, rien ne permet pour l'instant de confirmer une utilisation militaire.
C'est ce qu'a déclaré Serhii Beskrestnov, surnommé "Flash", expert en électronique et conseiller auprès du ministre de la Défense ukrainien.
"La Russie est consciente de l'importance de la transmission de données à haut débit via des satellites en orbite basse et il serait naïf de croire qu'elle ne s'engagera pas dans ce domaine. La question est simplement de savoir quand".
Selon Serhii Beskrestnov, la Russie teste actuellement son propre système d'internet par satellite, le projet "Bureau 1440", et a mis en orbite seize satellites "Rassvet".
"Pour garantir une transmission de données continue et stable, il faut lancer au moins 200 à 250 satellites. Le plan pour les années à venir prévoit le lancement de 300 satellites, puis de 700 autres. Il faudra attendre de voir quand et combien seront effectivement lancés. Les calendriers et les plans évoluent sans cesse", souligne l'expert.
Il a toutefois précisé qu'il n'existait pour l'instant aucun signe confirmé d'une utilisation militaire du système russe.
"Les satellites existants pourraient-ils déjà être utilisés contre nous à des fins militaires ? Théoriquement, oui. Un satellite peut assurer une transmission de données à haut débit pendant six à dix minutes lorsqu'il passe au-dessus de nos têtes, environ une fois par jour", affirme Beskrestnov.
Selon le conseiller, les Russes auraient déjà installé des terminaux internet par satellite sur les "Shaheds" et prévoiraient de lancer des attaques au moment où les satellites survoleront la zone.
"Mais je pense que c'est trop complexe d'un point de vue organisationnel, et tant qu'il n'y aura pas suffisamment de satellites en orbite pour garantir des communications stables, il n'y aura pas d'application militaire. Si les satellites "Rassvet" sont utilisés à des fins militaires, nous le détecterons grâce au trafic satellitaire, aux données du renseignement ou à du matériel saisi", ajoute t-il.
Sur la question des contre-mesures, Serhii Beskrestnov se montre peu optimiste.
"La Russie, avec toutes ses capacités scientifiques et technologiques, a-t-elle réussi à faire quoi que ce soit contre les satellites Starlink au cours des quatre dernières années ? Non. C'est pourquoi je ne pense pas que nous pourrons faire grand-chose non plus une fois qu'il y aura autant de satellites, mais j'ai quelques idées en réserve. Il est encore trop tôt pour les mettre à l'épreuve", assure t-il.
Un article publié à l'origine par Nadija Sobenko (suspilne Ukraine) le 31 mai 2026 à 19h18. Traduit et édité pour franceinfo par Alice Kouri.
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