Liban-Israël: reprise des négociations à Washington pour un cessez-le-feu sous haute tension
Négociateurs israéliens et libanais se retrouvent à partir de ce jeudi 14 mai à Washington pour deux jours de négociations afin de mettre un terme au dernier conflit entre le Hezbollah et Israël.
Depuis la guerre en Iran, voici deux mois que les frappes israéliennes sur le Liban ont repris. Ce jeudi 14 mai, l'armée israélienne a annoncé qu’une attaque de drones du Hezbollah a blessé plusieurs civils, près de la frontière israélo-libanaise. Elle a appelé les habitants d’une dizaine de villages du sud du Liban à évacuer avant de nouveaux bombardements.
De son côté, l'Agence nationale d'information, l’ANI libanaise, a fait état de bombardements dans le sud, au lendemain de raids meurtriers qui ont fait 22 morts.
La trêve a été prolongée jusqu'au dimanche 17 mai. Mais depuis son entrée en vigueur le 17 avril, plus de 400 personnes ont péri dans des frappes israéliennes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.
C’est dans ce contexte qu’une troisième rencontre entre les représentants des deux pays, officiellement en guerre depuis la création de l’État d’Israël en 1948, doit se tenir à Washington ce soir. Une rencontre sans Donald Trump et Marco Rubio, le secrétaire d’État, qui sont tous les deux à Pékin.
Lors de leur dernière réunion le 23 avril à Washington, le président Donald Trump avait annoncé une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient.
Le président des Etats-Unis avait ajouté qu’il inviterait le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun à la Maison Blanche, mais rien ne s’est passé, une des conditions exigées par le chef d'État libanais, soit un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes, n’ayant pas été obtenue. Au contraire, l’armée israélienne a continué ses frappes sur le Liban.
Mais le Hezbollah rejette ces négociations. L’un de ses députés, Naim Kassem a dit dans une lettre adressée aux responsables du groupe que les négociations directes profitent à Israël et constituent des "concessions de la part des autorités libanaises". Il estime que le gouvernement libanais devrait plutôt recourir à des négociations indirectes, comme il l’avait fait par le passé, lors de la conclusion du cessez-le-feu en novembre 2024.
Israël s'est réservé le droit de continuer à viser le Hezbollah, le mouvement chiite qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale à la suite du déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.
"Quiconque menace l'État d'Israël mourra en raison de sa faute", a averti la semaine dernière Benjamin Netanyahu après l'assassinat d'un important chef militaire du Hezbollah en plein cœur de Beyrouth.
Dans ses propres tractations indirectes avec Washington, l'Iran exige que toute trêve concerne aussi le Liban - à savoir qu'Israël cesse de frapper le Hezbollah.
Israël rejette toute trêve si le Hezbollah n’acceptait de rendre les armes, or Naim Kassem a déclaré que le différend sur les armes était une affaire interne et ne devait pas faire partie des négociations avec Israël.
Le gouvernement libanais a demandé le désarmement du groupe militant après le dernier cycle de combats qui a éclaté début mars, qualifiant d'illégales toutes les activités militaires du groupe.
À Washington, le Liban vient chercher "une consolidation du cessez-le-feu", a déclaré à l'AFP un haut responsable ayant requis l'anonymat. "La priorité est de mettre un terme aux morts et aux destructions".
Plus de 2 800 personnes ont péri au Liban depuis mars, quand Israël a commencé ses frappes, dont au moins 200 enfants, affirme Beyrouth.
Commentaires (0)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.