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Guerre en Ukraine : des Ivoiriens enrôlés dans l’armée russe après des promesses d’emplois et de salaires

Auteur: Ivoirematin.com

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Guerre en Ukraine : des Ivoiriens enrôlés dans l’armée russe après des promesses d’emplois et de salaires

Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en février 2022, plusieurs ressortissants africains, dont des Ivoiriens, se retrouvent impliqués dans les rangs de l’armée russe. Attirés par des promesses d’emplois, de revenus élevés ou encore d’opportunités d’études, certains découvrent une fois sur place qu’ils ont été enrôlés pour participer au conflit opposant Moscou à Kiev.

Selon différentes sources, près d’une centaine d’Ivoiriens auraient ainsi été recrutés pour combattre aux côtés des forces russes. La plupart auraient quitté leur pays dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de vie, sans mesurer les risques d’un conflit considéré comme l’un des plus meurtriers en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Une enquête publiée en février 2026 par l’association européenne All Eyes On Wagner – IMPACT, intitulée « Le business du désespoir », met en lumière l’existence d’un système structuré de recrutement de combattants africains pour la guerre en Ukraine. Ce rapport de 73 pages recense au moins 1 417 ressortissants africains engagés dans les forces russes depuis 2023. Parmi eux, 316 auraient déjà perdu la vie, tandis que plusieurs autres sont portés disparus, des chiffres qui pourraient être encore plus élevés selon les auteurs de l’étude.

Les contingents les plus importants proviendraient notamment d’Égypte, du Cameroun et du Ghana. La Côte d’Ivoire apparaît plus loin dans ce classement, mais plusieurs dizaines de ses ressortissants seraient tout de même concernés par ces recrutements.

Le mécanisme repose sur des offres particulièrement attractives. Les recruteurs promettent généralement une prime initiale pouvant atteindre plusieurs milliers de dollars, un salaire mensuel d’environ 2 500 dollars, une assurance santé ainsi que la possibilité d’obtenir la nationalité russe.

Pour attirer les candidats, des annonces circulent sur les réseaux sociaux dans plusieurs langues et ciblent particulièrement les jeunes Africains confrontés au chômage ou à la précarité. Des sites internet spécialisés, ainsi que des groupes sur Facebook, Telegram ou WhatsApp, facilitent les contacts avec les recruteurs. Ces messages présentent souvent l’engagement comme une opportunité de « changer de vie », sans évoquer la réalité du front ukrainien.

L’enquête souligne également le rôle joué par certains influenceurs ou combattants africains déjà présents en Russie. Sur les réseaux sociaux, ils diffusent des images de leur quotidien, entre selfies en uniforme, visites touristiques et messages vantant la camaraderie militaire. Ces publications contribuent à donner une image attrayante de l’expérience et incitent d’autres jeunes à tenter l’aventure.

D’autres filières reposent sur de fausses offres d’emploi, notamment dans les secteurs industriel ou agricole. Des candidats qui pensent avoir été recrutés pour travailler en Russie découvrent, une fois arrivés, qu’ils sont orientés vers des centres militaires. Le système exploite également les filières étudiantes : certains jeunes Africains arrivés avec un visa d’étudiant se retrouvent confrontés à des difficultés administratives ou financières et voient dans l’engagement militaire une solution rapide.

Selon plusieurs organisations, certains migrants africains en situation irrégulière en Russie ou en Biélorussie se verraient même proposer un choix contraint : l’expulsion ou l’enrôlement dans l’armée. Des réseaux d’immigration clandestine ou certaines agences de voyage serviraient également d’intermédiaires.

Au départ, ces recrutements étaient principalement liés au groupe paramilitaire Wagner dans des pays où il était déjà présent, notamment en Centrafrique, au Mali ou au Burkina Faso. Avec le temps, ils se seraient étendus à d’autres pays africains, dont la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Kenya ou encore la Sierra Leone.

Pour les organisations qui suivent ce dossier, ces pratiques reposent sur une forte asymétrie d’information. Les candidats sont attirés par les promesses économiques sans connaître les risques réels de la guerre. Plusieurs d’entre eux seraient envoyés rapidement sur les lignes de front après une formation militaire très brève.

Cette situation commence à susciter l’inquiétude dans plusieurs pays africains. Des familles affirment être sans nouvelles de proches partis travailler ou étudier en Russie. Pour les observateurs, ce phénomène révèle la vulnérabilité de nombreux jeunes Africains confrontés au chômage et au manque de perspectives.

Dans ce contexte, plusieurs analystes estiment que la sensibilisation des populations et la vigilance des autorités apparaissent essentielles afin d’éviter que d’autres Ivoiriens ou Africains ne se retrouvent, à leur tour, entraînés dans l’engrenage d’un conflit lointain et particulièrement meurtrier.

Auteur: Ivoirematin.com
Publié le: Vendredi 06 Mars 2026

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