Édito : Une Côte d'Ivoire sous silence ? Le recul inquiétant des libertés
Gouverner par l’intimidation, instiller la peur, contourner les lois et proscrire toute voix dissonante : tel semble être le nouveau logiciel politique. Les armes pour museler la critique sont désormais bien connues et revêtent un vernis juridique : « trouble à l’ordre public » ou « association terroriste ».
Certains tentent de justifier l'injustifiable en rappelant que « c'était pire sous les régimes précédents ». Mais l’intelligence ne consiste-t-elle pas à ne pas reproduire les erreurs que l’on a soi-même dénoncées par le passé ?
Lorsqu’on m’accuse d’être un « aigri » incapable de saluer les « grands chantiers » du pouvoir, je pose une question simple : Pourquoi devrions-nous applaudir l'évidence ? Diriger est une mission librement choisie. Réaliser des infrastructures et développer le pays n'est pas une faveur faite au peuple, c'est un devoir. Tout comme un père a l'obligation morale de s'occuper de sa progéniture, un dirigeant doit servir sa nation. Son véritable salaire n'est pas l'acclamation servile, mais la trace qu'il laissera dans l'Histoire.
Le spectacle actuel est désolant :
La propagande, orchestrée par des idéologues au service d'intérêts souvent obscurs, remplace peu à peu le dialogue national. Il ne faut pas s'y tromper : celui qui manque d'arguments finit toujours par utiliser la force ou l'intimidation pour s'imposer. La liberté d'expression en Côte d'Ivoire n'est pas un luxe, c'est le poumon de notre démocratie. Et aujourd'hui, le pays commence à manquer d'air.
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