Man paralysée : les taxis communaux en grève contre l’interdiction du gaz butane
La ville de Man connaît de fortes perturbations ce lundi, à la suite d’un arrêt de travail observé par les chauffeurs de taxis communaux. Ces derniers protestent contre l’interdiction de circuler avec des véhicules fonctionnant au gaz butane, une décision prise par les autorités préfectorales qui a entraîné la paralysie d’une partie du transport urbain.
Dès les premières heures de la matinée, de nombreux habitants ont été contraints de parcourir plusieurs kilomètres à pied pour rejoindre leurs lieux de travail, les écoles ou leurs commerces, faute de taxis disponibles. Dans plusieurs quartiers, l’absence de véhicules de transport a considérablement ralenti les activités.
Selon les conducteurs, cette mesure fait suite à une réunion d’information tenue le 17 février 2026 à la préfecture, portant sur la recrudescence des accidents de la circulation et le renforcement des mesures de sécurité routière. À cette occasion, le directeur régional des Transports du Tonkpi, Djè Bi Irié Wilson, avait rappelé aux transporteurs la nécessité de mettre à jour les documents administratifs de leurs véhicules et de se conformer strictement aux textes en vigueur, notamment l’interdiction de l’usage du gaz comme carburant. Il avait également insisté sur l’obligation pour les conducteurs de motos-taxis de détenir un permis de catégorie A et de porter le casque réglementaire, aussi bien pour eux-mêmes que pour leurs passagers.
Pour les chauffeurs de taxis, la décision est jugée brutale et difficilement applicable dans l’immédiat. « On nous demande d’enlever le gaz dans les véhicules. L’information est venue depuis la préfecture disant qu’à partir du lundi aucun véhicule ne devrait circuler avec du gaz. Sans gaz, ça ne nous arrange pas parce qu’avec de l’essence, ça ne peut pas aller. Comme on nous demande de ne plus rouler avec le gaz dès ce lundi, on a décidé de garer », explique Fabrice Bleu, dénonçant également le coût élevé du carburant. « Avec le prix de l’essence actuellement, ce n’est pas facile pour un taxi communal. Faire le plein, tourner, payer le carburant et la recette du propriétaire, vraiment ce n’est pas chose facile », ajoute-t-il.
Un autre chauffeur, Sami, évoque des contrôles déjà engagés par les forces de l’ordre. « Les routiers ont commencé à traquer les conducteurs, à donner des contraventions, retirer les permis. Ailleurs, on a donné quatre mois de délai aux chauffeurs pour se mettre en règle. Mais ici, dès que la nouvelle est tombée, on nous traque. Ce n’est pas juste », déplore-t-il.
Du côté des usagers, la situation est diversement appréciée. « C’est vraiment difficile ce matin de sortir. Voyez tous ces travailleurs, élèves et autres qui sont en train de marcher pour rejoindre soit leur lieu de travail ou commerce. Nous espérons que cette situation ne durera pas », confie Gueu Eléonord. D’autres estiment toutefois que la mesure vise avant tout à prévenir des accidents. « Même si nous avons des difficultés de déplacement, il ne faudrait pas attendre que le pire arrive avant d’agir. Le gouvernement a interdit l’usage du gaz comme carburant dans les véhicules », soutient Bertrand Déi.
En attendant une éventuelle issue des discussions entre transporteurs et autorités, les taxis demeurent à l’arrêt et les habitants de Man continuent de s’adapter tant bien que mal à cette situation qui perturbe fortement la vie quotidienne.
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