Sénégal: le statut de député d'Ousmane Sonko au centre d'un débat pour la présidence de l'Assemblée nationale
Le président de l'Assemblée nationale sénégalaise, El Malick Ndiaye, a annoncé le 24 mai sa démission. Ousmane Sonko, limogé de son poste de Premier ministre le 22 mai et chef du parti majoritaire au Parlement, va-t-il le remplacer ? Un débat juridique s'est engagé au Sénégal autour du statut de député de Sonko. Explications.
Ousmane Sonko pourra-t-il retrouver son siège de député, décroché en novembre 2025 à l'issue des dernières législatives ? C'est toute la question qui divise la classe politique au Sénégal. Et le débat est purement juridique.
Car au moment de son élection, Ousmane Sonko était déjà Premier ministre : une fonction incompatible avec celle de député, selon la Constitution du Sénégal. De ce fait, l'intéressé aurait en quelque sorte automatiquement perdu son mandat de député, vu qu'il n'a jamais eu à l'exercer et qu'il n'a donc pas pu le suspendre.
Pour ceux qui défendent l'impossibilité de sa réintégration à l'Assemblée, Ousmane Sonko aurait dû formellement démissionner de la Primature pour valider son élection en tant que député, avant d'être reconduit Premier ministre et de suspendre son mandat parlementaire. Or, en l'état actuel, selon ces juristes, Ousmane Sonko a tout simplement perdu son mandat et ne peut donc pas le retrouver.
Faux, répond-on dans les rangs du Pastef au pouvoir, brandissant à l'appui une lettre dans laquelle Ousmane Sonko demande bien la suspension de son mandat à l'Assemblée nationale.
Suspendu ou perdu, l'enjeu est éminemment politique, puisque le nouveau président du perchoir doit être élu le 26 mai par l'ensemble des parlementaires. Et dans une assemblée dominée par le Pastef – avec 130 députés sur 165 –, l'élection du chef de leur parti, Ousmane Sonko, semble quasiment acquise. Ce débat juridique risque donc de compliquer ce qui aurait pu être une simple formalité.
À la tête du pouvoir législatif, Ousmane Sonko serait en mesure d'impulser l'adoption de nouvelles lois mais aussi, si besoin, de bloquer l'action gouvernementale et le pouvoir exécutif du chef de l'État.
Reste les autres inconnues politiques du moment : qui pour remplacer Ousmane Sonko à la Primature et pour former un nouveau gouvernement ? Aucune date n'a été indiquée par la présidence. Ce gouvernement se fera-t-il avec ou sans figures du Pastef ? Les deux sont possibles, le chef de l'État étant, actuellement, toujours membre de son parti d'origine.
Dans l'immédiat, le gouvernement sortant est chargé de gérer les affaires courantes. Et, pour l'heure, le président de la République Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko sont silencieux.
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