Le détroit d'Ormuz fermé, 140 cibles touchées par les États-Unis, l'Iran frappe ses voisins du Golfe... La situation s'embrase
Les États-Unis ont frappé "140 cibles militaires iraniennes" ce dimanche 12 juillet dans la matinée, en représailles au bombardement par l'Iran de deux navires dans le détroit d'Ormuz. Le passage maritime est fermé "jusqu'à nouvel ordre" selon la République islamique. Plusieurs pays du Golfe sont en alerte.
Le cessez-le-feu est bel et bien "terminé" au Moyen-Orient, où les hostilités se sont intensifiées dans la nuit de samedi à dimanche. Les Gardiens de la révolution ont annoncé que "le détroit d'Ormuz sera fermé jusqu'à nouvel ordre. Et, jusqu'à la fin des interventions américaines dans cette région, aucun navire ne sera autorisé à le traverser". Les menaces ont été rapidement mises en exécution: l'Iran a frappé deux navires dans la nuit de samedi à dimanche.
Le premier était un porte-conteneurs battant pavillon chypriote, selon les États-Unis, qui a été incendié. "L'équipage a abandonné le navire et embarqué sur un canot de sauvetage", a indiqué l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO. Le second "violait les régulations dans le détroit d'Ormuz", selon une communication des autorités iraniennes citée par la télévision d'État et l'agence Irna. En temps normal, un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures transite par le détroit. Jusqu'à présent, Téhéran autorise un seul couloir de navigation le long de ses côtes, et exclut tout retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage était gratuit dans le détroit d'Ormuz, ce que les États-Unis contestent.
Ces derniers ont lancé une série de frappes en représailles à ces bombardements iraniens. L'ampleur de cette série est la plus forte depuis la résurgence du conflit. Le Commandement central américain affirme avoir touché "140 cibles militaires iraniennes" tôt dans la matinée de ce dimanche.
Parmi les moyens utilisés: "des munitions de précision lancée par des avions de combat basés à terre et en mer, et des navires de guerre". Les cibles, elles, étaient: "des sites iraniens de missiles et de drones, des moyens navals, des sites de stockage de munitions, des réseaux de communication et des postes de surveillance côtière"
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Des médias iraniens ont fait état d'explosions dans le sud du pays, à Bandar Abbas, Sirik, Jask, sur l'île de Qeshm, ainsi que dans la province du Khouzistan, frontalière de l'Irak, sans signaler de victime dans l'immédiat. "L'Iran a fait un mauvais choix. Maintenant ils paient", a écrit sur X le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth.
Peu après l'annonce des États-Unis, l'Iran a affirmé avoir touché une base de soutien américaine située à Oman, dans le port de Duqm. Selon les autorités iraniennes, cela fait partie du "troisième acte" des représailles face à ce qu'elles appellent "l'agression" militaire américaine. "Les chasseurs aériens du Corps des Gardiens de la Révolution islamique ont détruit, lors d'une attaque massive et surprise, les centres de soutien logistique et les plates-formes de ravitaillement des porte-avions américains dans le port de Duqm, à Oman", peut-on lire dans un communiqué diffusé par la télévision d'État.
Par ailleurs, comme à chaque échange de frappes, l'Iran a ciblé d'autres pays du Golfe abritant des bases militaires américaines. Les forces armées du Koweït et celles des Émirats arabes unis ont annoncé, ce dimanche, être en train de répondre à des attaques aériennes. Une base américaine au Qatar a été visée par des missiles. Des journalistes de l'AFP ont entendu des explosions et assisté à des interceptions dans le ciel du sud de la capitale, Doha.
La reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran est donc directement assortie d'un embrasement dans la région. Depuis ce mardi, les deux ennemis se répondent coup pour coup. Après que le renseignement israélien a affirmé que l'Iran avait préparé un plan pour assassiner Donald Trump, ce dernier a rétorqué que, si cela se concrétisait, les États-Unis se tenaient prêts "à décimer et détruire complètement toutes les régions d'Iran".
Le nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a, pour sa part, juré de venger son père "inévitablement", après que l'Iran a organisé pendant six jours les funérailles de l'ayatollah tué le 28 février, au premier jour de la guerre. "Ces criminels, dont les noms figurent sur une liste, emporteront dans leur tombe le souhait d'une mort paisible dans leur lit", a-t-il écrit dans un document. Washington et Téhéran ont signé le 17 juin un protocole d'accord, assorti d'un cessez-le-feu, se donnant 60 jours pour trouver une fin définitive à la guerre déclenchée le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre l'Iran.
Ce fragile accord n'aura donc duré que 20 jours. Mais les négociations ne sont pas à l'arrêt selon les dernières déclarations de Donald Trump. "Jusqu'à présent, l'Iran a tenu parole", a écrit sur X le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ajoutant qu'il "ne peut y avoir de respect que lorsqu'il est mutuel". Pour le moment, ce sont les réponses aux attaques qui le sont.
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