Nigeria : Fin de calvaire pour 44 élèves et enseignants libérés dans l’État d’Oyo
Après 56 jours de captivité, le dénouement est enfin là. La présidence nigériane a annoncé, ce samedi 11 juillet, la libération par les forces de sécurité de 44 élèves et professeurs. Enlevés en mai dernier dans la forêt du parc national d’Oyo, les otages ont été secourus sains et saufs. Une vidéo diffusée par les autorités montre une dizaine d'enfants, encore en uniforme scolaire, partageant des rations apportées par les soldats.
Le démantèlement du réseau criminel est le fruit d’un travail de longue haleine mené conjointement par l'Armée de l'air et les Services de renseignements. Le gouvernement nigérian a attribué ce rapt à des terroristes affiliés au groupe Boko Haram.
Pour obtenir leur libération, les forces armées ont mis en place une stratégie d'asphyxie :
« Aucune rançon n'a été versée » Le chef de l’État, Bola Ahmed Tinubu, s'est montré catégorique sur les réseaux sociaux : « Aucune rançon n'a été versée. Aucune concession n'a été faite. »
Le bilan de l'opération fait état de huit suspects arrêtés et de plusieurs terroristes neutralisés. L’armée a toutefois concédé avoir subi « des pertes » humaines dans ses rangs, sans en préciser le nombre.
Cet enlèvement de masse a provoqué une immense vague d'émotion et de colère au sein de la population, entraînant des manifestations et la fermeture préventive de plusieurs écoles publiques.
Et pour cause : c’est la première fois qu’un tel événement survient dans l’État d’Oyo, situé à seulement 300 km de la mégapole de Lagos. Jusqu’à présent, cette région du sud-ouest était restée totalement épargnée par le djihadisme et le banditisme de grande échelle qui frappent d'autres pans du pays.
Le retour à la liberté ne marque que le début d'un long processus de reconstruction. Le gouverneur de l’État d’Oyo, Seyi Makinde, a alerté sur l'état psychologique des rescapés : de nombreux enfants souffrent de stress post-traumatique sévère.
Une observation médicale et psychologique stricte est planifiée sur 48 heures. Dès lundi, après une évaluation complète, l'armée transférera officiellement la prise en charge des victimes aux autorités civiles de l'État.
Face à la crainte de voir ce modèle criminel s'importer durablement dans la région, le sénateur Abdulfatai Buhari a lancé un appel pressant à la population locale, l'exhortant à devenir actrice de sa propre sécurité : « Nous appelons les gens à faire autant que possible et à parler lorsqu'ils voient quelque chose d'étrange afin que nous puissions faire avancer ce pays. »
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