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Mauritanie : L’ONU reconnaît l'esclavage des Africains comme « crime contre l'humanité »

Auteur: ivoirematin

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Mauritanie : L’ONU reconnaît l'esclavage des Africains comme « crime contre l'humanité »

Le 25 mars 2026, une étape historique a été franchie au siège des Nations Unies. Sous l’impulsion du Ghana, l’Assemblée générale a adopté une résolution qualifiant la traite et l’esclavage racialisé des Africains de « crime le plus grave contre l’humanité ».

Bien que symbolique, ce texte — approuvé par 123 États — met en lumière les racines des inégalités contemporaines. Pour le Secrétaire général de l’ONU, cette reconnaissance est indispensable pour combattre le néocolonialisme et les discriminations structurelles qui frappent encore les descendants des victimes.

Un front diplomatique divisé

Malgré la portée morale du texte, le vote a révélé de profondes fractures au sein de la communauté internationale :

  1. Les opposants : Les États-Unis, Israël et l’Argentine ont voté contre. Washington a justifié sa position en qualifiant le texte de « hautement problématique », refusant notamment tout cadre légal ouvrant la voie à des réparations financières pour des faits qui n’étaient pas illégaux au moment de leur commission.
  2. Les abstentionnistes : 52 pays, dont les membres de l’Union européenne et le Royaume-Uni, ont choisi de ne pas trancher.
  3. L'argument de la « concurrence mémorielle » : La France, par la voix de son représentant Sylvain Fournel, a exprimé la crainte que ce texte ne mette en compétition différentes tragédies historiques, tout en affirmant refuser « l’oubli et l’effacement ».

Le cas de la Mauritanie : Un fléau qui résiste aux lois

Si l'ONU se penche sur le passé, la réalité de l'esclavage reste un sujet brûlant de brûlante actualité, particulièrement en Mauritanie. Bien que le pays ait officiellement aboli cette pratique le 9 novembre 1981, son éradication complète semble encore lointaine.

Un arsenal juridique face à une tradition tenace

Pour pallier l'inefficacité de l'abolition de 1981, le gouvernement mauritanien a durci le ton en 2007 en adoptant une loi criminalisant l'esclavage. Pourtant, le bilan reste amer :

« Malgré l'adoption de plusieurs lois criminalisant cette pratique, l'esclavage arabo-musulman persiste encore en Mauritanie », affirme Guy Samuel Nyoumsi, auteur de l'ouvrage La tragédie muette de l’esclavage en Mauritanie.

Les faits en bref :

  1. Trait transatlantique : On estime à plus de 15 millions le nombre de victimes sur quatre siècles.
  2. Situation actuelle : Plus de 40 ans après son abolition officielle, la Mauritanie signale toujours des cas d'esclavage domestique ou de travail forcé.
  3. Portée légale : Contrairement au Conseil de sécurité, les résolutions de l’Assemblée générale de l’ONU ne sont pas contraignantes, mais elles exercent une pression politique et morale sur les États concernés.

La persistance de ces pratiques en Mauritanie rappelle que le combat contre l'esclavage ne se gagne pas seulement dans les hémicycles internationaux, mais par une application stricte du droit sur le terrain.

Auteur: ivoirematin
Publié le: Mercredi 01 Avril 2026

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