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Joseph Antoine Bell : « Les Camerounais ne me connaissent pas, mais que la CAF me connaît »

Auteur: César DJEDJE MEL-Ivoirematin.com

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L’ex-star camerounaise du football, Joseph Antoine Bell, a accordé une interview au confrère Africa Top Sport dans laquelle il parle de ses nominations récentes à la CAF et à la FIFA. Selon lui, ces nominations marquent que le monde le connaît même si son pays l’ignore.

Vous revenez de Zurich en Suisse. Là-bas vous avez assisté à votre toute première réunion en tant que membre de la commission de résolutions des litiges de la FIFA. Comment étaient les premiers moments du bleu que vous étiez ?

Je suis perçu comme faisant partie de la solution et pas du problème. C’est un honneur mais une responsabilité aussi. Je suis heureux de faire partie de ceux qui doivent apporter l’apaisement aux autres. Qui doivent même apporter la satisfaction aux autres. Il ne faut quand même pas oublier que je ne suis pas tout jeune. Je ne suis pas un gamin qui arrive dans une équipe. J’ai beau être nouveau dans cette commission, je suis un ancien du foot en général et j’ai déjà mis les pieds dans la maison FIFA dans le passé.  Il y a déjà très longtemps de cela. Ça peut ne pas se savoir mais j’ai fait partie de la commission que je pourrais appeler commission qui était chargée de sauver le foot. A la fin des années 80 au début des années 90 le football était en danger à cause de la manière dont il était pratiqué. La violence l’avait envahi et il avait fallu réfléchir pour trouver les moyens de sauver le football par le jeu. J’ai  fait partie de cette commission qui était appelée « Task force 2000 ». C’est elle qui a édicté les règles du jeu que l’on connait aujourd’hui. Les jeunes d’aujourd’hui ont appris à jouer avec, mais ceux qui étaient assez grands à l’époque savent très bien qu’est-ce que ces règles ont apporté au jeu. C’est grâce à ces modifications qu’on est arrivé aujourd’hui à ce jeu attractif qui fait qu’ailleurs les stades  sont pleins pare que le jeu est redevenu attractif et beaucoup plus sain. Je dois aussi dire que ce que j’apprécie le plus au niveau international c’est le sérieux des uns et des autres. C’est-à-dire qu’on ne vient pas là pour perdre son temps, bavarder ou rigoler. C’est organisé de telle manière qu’on arrive, on fait ce qu’on a à faire et les gens repartent. Il y en a qui repartent le soir même.  Si c’est possible le plus tôt possible.  Ce sont des gens occupés et des gens de qualité qui y participent.  C’est très gratifiant. Je ne peux pas cacher mon plaisir de faire partie de ce genre de groupe.

Que pouvez-vous nous dire des circonstances de votre choix ?

Je n’en sais rien. Je n’ai été contacté que pour donner certaines explications sur ma vie. Parce que je dois rappeler qu’il y a une enquête très rigoureuse qui a été menée par le comité d’éthique avant que vous ne soyez nommé membre de la commission de résolution des litiges. Pour que vous soyez la solution pour les autres, il ne faudrait pas que vous-mêmes vous ayez déjà des affaires qui traînent derrière vous. Mais jusque-là de répondre à ces questions-là ne signifient pas que vous êtes au courant que vous serez accepté ou pas. Vous ne savez pas qui a donné votre nom. Je dois simplement préciser que la commission de résolution des litiges en football traite de litiges qui opposent les employeurs et les employés. Dans les employés vous avez les footballeurs et les entraîneurs. De l’autre côté vous avez les clubs et les fédérations. C’est vrai que tout le monde me perçoit comme ancien footballeur, mais il serait bien temps qu’on se dise qu’il y a longtemps que je ne joue plus au football, que je ne représente donc plus même si je me suis battu dans le passé pour les intérêts des footballeurs. Aujourd’hui, dans cette commission, je siège en tant que dirigeant donc du côté des clubs et des fédérations.

Comment appréhendez-vous la tâche qui vous attend à la FIFA? Quel est l’état des lieux ?

L’état des lieux c’est qu’il y a tous les ans plus de 5000 cas de litiges. Et il est logique que lorsque vous regroupez autant de fédérations, autant de clubs ça fait forcément beaucoup d’entraîneurs et beaucoup de joueurs. A un moment ou à un autre il y a des frictions, des malentendus  et la commission a le rôle de faire en sorte que tout ce beau monde puisse vivre tranquillement et que, quand il y a quelque chose, qu’on arrive comme dans une famille, à le régler sans avoir à aller encore plus loin où les litiges pourraient prendre des années et des années. Dans le foot on essaye de régler les choses le plus rapidement possible.

Votre nomination à la FIFA était la 2ème dans une instance sportive internationale en l’espace de deux mois. Vous aviez déjà été coopté à la commission permanente d’organisation des Coupes d’Afrique des Nations à la CAF. D’aucuns pourraient être surpris de ne vous voir dans ces instances que maintenant. Pensez-vous que vous auriez dû être à la CAF ou à la FIFA un peu plus tôt ?

Je n’ai pas à penser. Je vis ma vie comme elle vient. Je n’ai pas été sollicité plus tôt, chacun peut constater, chacun peut voir. Au contraire j’ai beaucoup de gratitude pour ceux qui me sollicitent maintenant puisque, comme je disais, j’étais à la FIFA il y a très longtemps après la Coupe du Monde de 1990. A l’époque j’étais encore joueur. Si la FIFA m’avait remarqué comme joueur pouvant contribuer aux côtés des dirigeants pour améliorer le jeu. Si depuis cette époque, ni la CAF ni la FIFA, ni la Fédération camerounaise de football ne m’avaient sollicité et qu’aujourd’hui je sois sollicité, je dois quelque chose à moi-même, c’est vrai, mais je dois aussi aux nouveaux dirigeants de la CAF comme de la FIFA simplement de ne m’avoir pas oublié et de se rappeler 25 ans plus tard qu’il y a quelqu’un caché en Afrique qui n’appartient pas à l’organisation nationale mais qui peut apporter tant au niveau continental qu’au niveau mondial. Je le constate comme vous, je ne vais pas épiloguer dessus. Chacun sa responsabilité. Je le répète encore, le mérite, puisque ne pouvant pas changer, en revient plutôt aux dirigeants de la CAF et de la FIFA.

Pour ce qui est de la CAF, vous avez souvent été très critique envers ses dirigeants. Ceci aurait-il pu expliquer qu’ils ne fassent pas appel à vous ?

Il n’y a que ceux qui ne comprennent pas qui s’exprimeraient de cette façon-là. Je ne suis pas critique avec les individus parce que rien ne m’oppose aux individus. Je suis critique envers les idées, les actions et les décisions. Si chaque fois qu’un arbitre finit son match, il en veut à tous ceux qui n’ont pas approuvé ses décisions pendant le match, il finirait sans amis. Mais ce sont des gens qui n’ont pas approuvé simplement ses décisions mais qui ne deviennent pas ses ennemis. De la même manière, si j’ai dit des choses qui étaient en désaccord avec ce que faisaient les dirigeants de la CAF, c’étaient des idées. Peut-être même que vous donnez là un début de ce qui aurait dû être leur comportement. C’était précisément de dire : « puisqu’ils pensent différemment, qu’ils viennent nous dire ce qu’ils pensent ». Je n’ai jamais parlé ni de l’épouse, ni de l’état physique de l’un de ces dirigeants, ni du comportement de leurs enfants chez eux, ni de leur richesse, ni de leur fortune personnelle. Je n’ai jamais eu de problème personnel avec ces gens-là. Je parle de foot et de la manière dont il est dirigé. C’est la même chose d’ailleurs entre des équipes qui s’affrontent dans un championnat. Vous n’avez pas d’inimitié personnelle contre vos adversaires. Vous voulez juste gagner le match et vous prétendez que  vous êtes le meilleur. Et puis quand vous perdez le match, vous admettez que l’autre l’a gagné.

Diriez-vous que votre non sélection au comité d’organisation de la CAN que va accueillir votre pays en 2019 est une volonté de vous exclure ?  

Ça veut dire qu’effectivement les Camerounais ne me connaissent pas. Mais ce n’est pas grave ! Tout le monde peut constater que les Camerounais ne me connaissent pas, mais que la CAF me connaît.

Vous dites qu’on ne vous connaît pas chez vous pourtant vous avez été recruté il y a quelques années comme consultant par l’ancien ministre des sports Michel Zoah. Un peu plus tôt, vous étiez invité à apporter vitre expertise à une commission de relecture des textes dirigée par l’ancien président de l’Union de Douala feu Omer Nguewa…

C’est un fait que celui qui a mis en place les comités locaux d’organisation de la CAN féminine et deux fois déjà la CAN masculine – parce que sa composition a déjà été modifiée deux fois – ne me connaît peut-être pas ou n’a pas besoin de mes services. Le Cameroun me connaît puisque je suis dans le comité de préparation. Et là c’est quand même plus sélectif puisque c’est le comité de préparation. Ce sont quand même les institutionnels qui ont à préparer les différentes infrastructures qui vont servir à la CAN plus 4 personnalités choisies par le chef de l’Etat. Or si je fais partie des 4 personnalités choisies par le chef de l’Etat, je ne peux pas dire que le Cameroun ne me connaît pas. La tête du Cameroun me connaît. Peut-être que les gens en dessous ne sont pas d’accord avec lui mais ça c’est leur problème. Ça veut dire qu’il est arrivé qu’on me sollicite. Oui le ministre des sports Zoah m’a largement sollicité. Parce qu’avec lui j’ai contribué aux états généraux du football, à la rédaction des textes de la Ligue de football professionnel, de l’école de football annoncée par le chef de l’Etat qui est devenue l’ANAFOOT. J’ai contribué à la rédaction de procédures de gestion du Palais polyvalent des sports de Yaoundé, à la rédaction de la politique technique nationale, à la mise en place de la direction technique nationale  de football. J’étais souvent été président de certaines commissions chargées de faire ces travaux-là….

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Auteur: César DJEDJE MEL-Ivoirematin.com
Publié le: Vendredi 24 Novembre 2017

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