SIADE 2026 : Abidjan sonne la mobilisation pour la souveraineté technologique africaine
La capitale économique ivoirienne a abrité, lundi, au Stade Félix Houphouët-Boigny, la cérémonie d’ouverture de la deuxième édition du Salon international de l’intelligence artificielle, de la défense et de l’espace (SIADE), autour des enjeux stratégiques de souveraineté technologique en Afrique.
Placée sous le thème « Quelle stratégie pour la souveraineté technologique en Afrique à l’horizon 2030 ? », cette rencontre de portée internationale a réuni décideurs politiques, experts, industriels et partenaires, venus débattre des défis et opportunités liés à la transformation technologique du continent.
Représentant le vice-Premier ministre, ministre de la Défense, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le Général Vagondo Diomandé, a évoqué l’avènement d’une « guerre des intelligences », marquée par une redéfinition des rapports de puissance dans les domaines numérique, spatial et cybernétique. Il a souligné que l’intelligence artificielle, la cybersécurité et les technologies spatiales constituent désormais des leviers majeurs de souveraineté et de stabilité des États, avant de déclarer officiellement ouverts les travaux.
Co-parrain de l’événement, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a insisté sur les conditions indispensables à l’émergence d’une souveraineté technologique africaine. Il a notamment mis en avant le développement des infrastructures numériques, la formation des compétences locales, la maîtrise des données ainsi que le soutien aux startups. Il a également alerté sur les risques de désinformation liés à l’usage de l’intelligence artificielle, tout en soulignant ses opportunités pour une information crédible.
Intervenant à son tour, le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Dr Eugène Aka Aouélé, a salué une initiative qu’il qualifie de cadre stratégique d’anticipation. Il a estimé que la souveraineté technologique repose sur la maîtrise des technologies critiques, la protection des données et la consolidation d’écosystèmes innovants, appelant à une « souveraineté mentale » des États africains.
Pour sa part, le président du comité d’organisation, Dr Yaya Sylla, a inscrit cette édition dans un contexte mondial de recomposition des puissances. Selon lui, la maîtrise des technologies et des données constitue désormais un enjeu central de souveraineté. « L’Afrique doit faire le choix de concevoir le futur plutôt que de le consommer », a-t-il affirmé.
Prévu sur deux jours, le SIADE se veut un cadre de dialogue, de coopération et de co-construction entre acteurs publics et privés. À travers panels, rencontres et échanges, cette édition ambitionne de positionner l’Afrique comme un acteur majeur de la production technologique et de renforcer son influence dans les équilibres mondiaux à venir.
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