L’Afrique face au « Nouveau Monde » de Trump : Entre interventionnisme et désengagement humanitaire
Un an après son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump impose une vision radicale des relations internationales. En ce début d'année 2026, l'Afrique subit de plein fouet une politique américaine oscillant entre démonstrations de force militaire, manipulations idéologiques et coupes budgétaires drastiques.
1. Une diplomatie de la force : Le précédent vénézuélien et les frappes africaines
L'interventionnisme américain ne connaît plus de complexes. La récente opération au Venezuela a provoqué une onde de choc jusqu'en Afrique.
- Contestation diplomatique : Au Conseil de sécurité de l’ONU, le groupe des pays africains (A3), par la voix du Liberia, a fermement condamné ces atteintes à la souveraineté nationale.
- Actions militaires : L'Afrique n'est pas épargnée. Après des frappes en Somalie (février 2025), les États-Unis sont intervenus militairement au Nigeria à Noël 2025.
- Crise de confiance : Pour de nombreux universitaires, comme le Pr Muktar Omar Bunza, ces interventions, justifiées par des motifs religieux ou sécuritaires, cachent une réalité plus triviale : le contrôle des ressources naturelles.
2. La « vérité » comme outil politique : Le cas sud-africain
L'administration Trump est accusée de réécrire les réalités locales pour servir son agenda interne (notamment celui de la suprématie blanche).
- Le mythe du « génocide blanc » : Donald Trump affirme que les fermiers blancs d'Afrique du Sud sont victimes d'un massacre systématique.
- La réalité du terrain : Les agriculteurs, comme la nutritionniste Ethel Zulu (noire), dénoncent un mensonge. La criminalité rurale frappe sans distinction de couleur de peau.
- Réaction citoyenne : Des Sud-Africains blancs ont lancé le mouvement « Not in our name », refusant d'être les pions d'une « guerre culturelle » importée de Washington qui menace la cohésion sociale du pays 35 ans après l'Apartheid.
3. La fin de l'USAID : Un séisme humanitaire
L'un des piliers de la doctrine Trump est le démantèlement du multilatéralisme. La fermeture de l'USAID (Agence des États-Unis pour le développement international) a des conséquences immédiates :
- Soudan du Sud : À Juba, les centres de nutrition sont vides de nourriture thérapeutique. L'aide américaine a été divisée par 14, laissant des milliers d'enfants en situation de malnutrition sévère sans traitement.
- Éthiopie : Les programmes de lutte contre le Sida et de santé sexuelle s'effondrent. Le retrait des financements américains menace les progrès réalisés dans la distribution des antirétroviraux et la prévention du VIH.
4. Ambivalence des opinions africaines
Si les intellectuels dénoncent une dérive impérialiste, l'opinion publique est plus nuancée :
- Crainte et méfiance : À Kinshasa (RDC), on s'inquiète d'un retour au mercantilisme pur, où seule la quête de minerais dicte la politique de paix américaine.
- Admiration pour l'homme fort : En Côte d'Ivoire, une partie de la jeunesse loue le « leadership sans sentiments » de Trump, y voyant un pragmatisme honnête : le pays n'a pas d'amis, seulement des intérêts. Une admiration toutefois tempérée par le durcissement de la politique des visas.
Analyse : La doctrine du "Mercantilisme de Puissance"
Pour l'universitaire Adekeye Adebajo, Trump n'est pas une anomalie mais l'héritier d'une tradition interventionniste américaine, version mercantiliste. L'objectif est triple :
- Contrer la Chine en sécurisant l'accès aux minerais rares.
- Imposer un capitalisme conservateur unilatéral.
- Détruire les institutions multilatérales au profit de mémorandums bilatéraux, transformant l'aide humanitaire en levier de négociation politique.
Auteur: Ivoirematin
Publié le: Mardi 20 Janvier 2026
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