Calendar icon
Wednesday 20 May, 2026
Weather icon
á Dakar
Close icon
Se connecter

L'Iran prêt à ouvrir "de nouveaux fronts" si les États-Unis reprennent leurs attaques

Auteur: tv5monde

image

L'Iran prêt à ouvrir "de nouveaux fronts" si les États-Unis reprennent leurs attaques

🎧 Écouter l'article

Au lendemain de l’annonce de la suspension d’une nouvelle offensive par Donald Trump, l’armée iranienne a averti, mardi 19 mai, qu’elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les États-Unis mènent à "une nouvelle agression" contre la République islamique.

Donald Trump avait-il vraiment l'intention d'attaquer l'Iran ? Sur sa plateforme Truth Social, il explique avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

"Il semble y avoir de très bonnes chances qu'ils parviennent à trouver une solution. Si nous pouvons le faire sans les bombarder, je serais très heureux", avait déclaré le président américain lors d'un point presse lundi soir à la Maison Blanche.

Donald Trump menace depuis des semaines de mettre un terme au cessez-le-feu, si l’Iran ne conclue pas un accord. Au cours du week-end, il a prévenu : "Pour l’Iran, le temps presse, et ils feraient mieux d’agir, RAPIDEMENT, sinon il n’en restera plus rien."

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a répondu ce mardi 19 mai le porte-parole de l'armée iranienne, Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes lancées le 28 février par les Etats-Unis et Israël, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord, mais les positions de Washington et Téhéran restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

La question épineuse du nucléaire iranien

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi 18 mai, la diplomatie iranienne a déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des États-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique. Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Et le président Trump a estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu. Mais il a assuré que les États-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a prévenu le président américain.

Des médias iraniens ont déjà dénoncé les "conditions excessives" formulées par les États-Unis dans leur dernière offre. Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux États-Unis.

Lundi 18 mai, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, a déclaré que la préoccupation immédiate des négociations entre les États-Unis et l’Iran était de maintenir ouvert le détroit d’Ormuz, mais que le programme nucléaire iranien restait une question centrale.

S’exprimant lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue allemand à Berlin, Hakan Fidan a déclaré qu’une grande partie de l’uranium enrichi iranien susceptible d’être utilisé pour une arme nucléaire avait été enfouie sous des tunnels effondrés à la suite des attaques lancées en juin 2025 par les États-Unis avec Israël. Les États-Unis ont déclaré qu’ils surveillaient de près tout mouvement autour du stock.

Le manque de confiance, un obstacle aux négociations dit l'Iran

Lors d'un déplacement à New Dehli la semaine dernière, le ministre iranien des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi a déclaré que le manque de confiance était le plus grand obstacle aux négociations visant à mettre fin à la guerre avec les États-Unis. Il a affirmé le 15 mai que Téhéran serait ouvert à une aide diplomatique, en particulier de la Chine, pour aider à apaiser les tensions.

Abbas Araghchi a souligné combien les messages contradictoires de la part des Américains "nous ont rendus réticents quant aux véritables intentions des Américains". "Nous doutons de leur sérieux", ajoutant que les négociations avanceraient si Washington était prêt à un "accord juste et équilibré".

Les discussions achoppent sur la question de l'uranium enrichi. C'est un des points les plus difficiles à négocier a dit le ministre des Affaires étrangères iranien. La Russie s'est proposée pour le prendre. Abbas Aragchi a déclaré à Associated Press que cette proposition n'était pas pour l'instant en discussion mais pourrait être examinée. "Quand nous arriverons à ce stade, nous aurons évidemment davantage de consultations avec la Russie et verrons si l'offre russe peut aider ou non", a-t-il ajouté.

Abbas Araghchi a déclaré que l’Iran accueillerait favorablement le soutien diplomatique d’autres pays, en particulier de la Chine, citant le rôle antérieur de Pékin dans la facilitation du rétablissement des liens entre l’Iran et l’Arabie saoudite.

"Plus de temps" pour aboutir

Le Qatar a affirmé que les négociations entre les États-Unis et l'Iran avaient besoin de "plus de temps" pour aboutir.

"Nous soutenons les efforts diplomatiques menés par le Pakistan (...) pour rapprocher les parties et trouver une solution, et nous pensons qu'ils nécessitent plus de temps", a affirmé le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

"Nous voulons protéger les populations de la région, qui seraient les principales perdantes" en cas d'escalade, a-t-il ajouté.

Le Pakistan a déclaré la semaine dernière qu'il poursuivait ses efforts diplomatiques pour contribuer à apaiser les tensions régionales. Mais il a refusé de divulguer les détails des discussions ni de dire si les États-Unis avaient officiellement répondu. "Le temps de la diplomatie ne s'est pas arrêté. Le processus de paix fonctionne", a déclaré le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, Tahir Andrabi, aux journalistes à Islamabad.

Le blocus d'Ormuz continue

Dans le Golfe, Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour les commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens.

Un navire chinois ancré au large des Émirats arabes unis a été saisi cette semaine et emmené vers les eaux iraniennes.

La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale et fait flamber les cours du pétrole. Toujours à un niveau élevé, ceux-ci se sont toutefois calmés mardi, les marchés préférant retenir les déclarations optimistes de Donald Trump: vers 09h40 TU (11h40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, perdait 1,55% à 110,36 dollars.

Auteur: tv5monde
Publié le: Mardi 19 Mai 2026

Commentaires (0)

Participer à la Discussion

Règles de la communauté :

  • Soyez courtois. Pas de messages agressifs ou insultants.
  • Pas de messages inutiles, répétitifs ou hors-sujet.
  • Pas d'attaques personnelles. Critiquez les idées, pas les personnes.
  • Contenu diffamatoire, vulgaire, violent ou sexuel interdit.
  • Pas de publicité ni de messages entièrement en MAJUSCULES.

💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.