Cocaïne, tramadol... Saisie record de drogues au Cameroun, pays de transit mais aussi de consommation de stupéfiants
Au Cameroun, deux tonnes et demie de stupéfiants ont été interceptées à l'aéroport de Douala, ce vendredi 20 février. La cocaïne et le tramadol retrouvés venaient d'Inde, du Soudan du Sud mais aussi d'Allemagne. "L'Afrique centrale n'est plus considérée comme une zone de transit, mais comme une base de consommation qui ne cesse de s'accroître" affirme auprès de TV5MONDE l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime.
À la découverte de la cargaison à l'aéroport international de Douala, la capitale économique du Cameroun, les autorités camerounaises n'ont pas caché leur inquiétude. Dissimulés dans des cartons et des fûts en plastique censés transporter des médicaments et des fournitures médicales, deux tonnes et demie de stupéfiants. 1.057 kg de cocaïne notamment, arrivée de Hambourg via la compagnie aérienne Brussels Airlines. 1.434 kg de tramadol aussi, en provenance d'Inde et du Soudan, acheminé via la compagnie Ethiopian Airlines. Il s'agit de jamais réalisée dans le pays, pour un pactole estimé à 50 milliards de francs CFA, soit 76 millions d'euros.
"Quand vous avez plus d'une tonne de tramadol, plus d'une tonne de cocaïne, d'une valeur, nous a-t-on dit, de presque 50 milliards de francs CFA, vous voyez que ce sont des intérêts énormes qui sont en jeu", a affirmé Louis-Paul Motaze, ministre camerounais des Finances, dépêché à l'aéroport de Douala.
Pour le ministre, la saisie, incinérée ce mardi 24 février, ne représente que la partie émergée de l'iceberg. L’usage non médical d’opioïdes tels que le tramadol reste élevé en Afrique centrale, en Afrique du Nord, ainsi qu’en Afrique de l’Ouest. Plus de 90% des saisies mondiales de tramadol ont eu lieu en Afrique sur les cinq dernières années, selon le Rapport mondial sur la drogue de l'ONU de 2024.
La même année, le cannabis restait la drogue faisant l'objet de plus de trafic et la plus consommée en Afrique, selon le rapport. Mais la cocaïne, l'héroïne et les méthamphétamines transitent de plus en plus sur le continent. Elles ont aussi "infiltré les marchés locaux", souligne l'ONU. Nettement moins prisé, le trafic et la consommation de crack, issu de la cocaïne transformée, serait également en hausse en Afrique. La drogue arrive sur les côtes ouest du continent, une route de plus en plus empruntée par les trafiquants face à des contrôles croissants sur les chemins traditionnels.
"La tendance n'est pas nouvelle. Elle a été soulevée dans nos divers rapports mondiaux sur les drogues", rappelle auprès de TV5MONDE Akram Boubakri, de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime. "L'Afrique centrale n'est plus considérée comme une zone de transit, mais comme une base de consommation qui ne cesse de s'accroître."
Pour acheminer la drogue, les cartels utilisent des navires de pêche, mais aussi des semi-submersibles artisanaux naviguant "à ras de surface", rapporte Akram Boubakri. Ces embarcations sont ainsi difficilement détectables par les radars de navigation et de surveillance. L'axe aérien est aussi employé pour transporter d'importantes quantités de cocaïne en Afrique de l'Ouest, à l'instar des saisies récentes au Cameroun.
Une fois déchargé dans les ports maritimes d'Afrique de l'Ouest, une grande partie de la drogue est ensuite acheminée vers les pays du Sahel par bus, direction notamment l'Europe.
Au Cameroun, l'aéroport international de Douala apparaît désormais comme un lieu de transit pour le narcotrafic. 70kg de drogues dures en provenance d'Afrique du Sud y étaient interceptées en avril 2025. La même année, des bagages à destination de l'Asie étaient découverts transportant 30 kg de cocaïne.
Dix tonnes de cocaïne ont également été saisies en janvier 2026 par la police espagnole. La drogue était transportée dans du sel, à bord d'un cargo battant pavillon camerounais, naviguant entre le Brésil et l'Europe. L'opération avait été réalisée en coordination avec les États-Unis, le Royaume-Uni, le Brésil ainsi que les autorités françaises et portugaises.
Le 10 janvier, deux étrangers ont également été interpellés en possession de 5 kg de cocaïne dans le quartier de Makepe à Douala, d'une valeur estimée à 75 millions de francs CFA, soit environ 115.000 euros. L'enquête a permis d'identifier un "réseau de distribution de drogues dures", rapporte le média Jeune Afrique. L'organisateur présumé travaillait avec des intermédiaires qui écoulaient la drogue via des revendeurs dans plusieurs villes au Cameroun, rappellent nos confrères, qui soulignent la dimension locale du trafic.
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