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Transport à Abidjan : Le "Gbaka" fait sa mue

Auteur: ivoirematin

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Transport à Abidjan : Le "Gbaka" fait sa mue

La Direction Générale des Transports Terrestres et de la Circulation (DGTTC) lance, dès le 15 avril, une réforme historique pour professionnaliser le secteur des minicars.

Incontournables, bruyants et parfois imprévisibles, les gbakas sont le poumon de la mobilité abidjanaise. Pourtant, derrière ce ballet quotidien se cache un désordre structurel que l'État ivoirien a décidé de réguler. L'objectif ? Passer d'un système artisanal et informel à un réseau de transport moderne et intégré.

1. Une stratégie basée sur la donnée plutôt que la force

Contrairement aux tentatives de régulation passées, souvent marquées par la répression, la DGTTC mise cette fois sur l'intelligence de terrain.

  1. Le 15 avril : Top départ de l’opération.
  2. La méthode : Déploiement de centaines de volontaires pour une cartographie exhaustive.
  3. La mission : Identifier les flux de passagers, les zones de congestion et les points de tension majeurs.
« Gouverner, c’est prévoir. Et prévoir, c’est comprendre avant d’agir », rappelle la DGTTC. Cette phase d'observation est le préalable indispensable pour inclure les gbakas dans le schéma directeur de mobilité du Grand Abidjan.

2. Un poids lourd de l'économie urbaine

Les chiffres fournis par l’AMUGA (Autorité de la Mobilité Urbaine dans le Grand Abidjan) sont sans appel : le gbaka n'est pas un mode de transport secondaire, c'est le leader du marché.

IndicateurDonnée Clé
Déplacements quotidiensPlus de 3,2 millions
Part de marché (transport collectif)> 40 %
Mobilité totale du Grand Abidjan19,18 %
Fréquentation à Adjamé15 000 véhicules / jour

Ces véhicules surpassent même la SOTRA en termes de volume de passagers, faisant vivre des milliers de familles et drainant une activité économique colossale.

3. Les défis : Sécurité, Civisme et Concurrence

Malgré leur utilité, le tableau n'est pas sans taches. Le secteur est pointé du doigt pour plusieurs dérives :

  1. Sécurité routière : Impliqués dans 15 % des accidents à Abidjan (vétusté et conduite à risque).
  2. Pratiques abusives : Phénomène du "sectionnement" des trajets et opacité de certains syndicats.
  3. Impact social : Le transport pèse lourdement sur le budget des ménages (jusqu'à 30 % des revenus).

4. Vers une cohabitation avec le Métro et le BRT

L'État est formel : il n'est pas question de supprimer les gbakas. Une telle décision paralyserait la ville et précariserait les usagers. L'idée est plutôt d'accompagner une transition progressive.

Face à l'arrivée imminente du Métro d'Abidjan et des bus rapides (BRT), ainsi qu'au renforcement de la SOTRA, le secteur des gbakas n'a d'autre choix que de se moderniser. Pour survivre, il devra gagner en fiabilité et en sécurité, tout en obtenant l'adhésion de transporteurs souvent méfiants face à l'autorité publique.

L'enjeu est de taille : transformer un chaos indispensable en un service public exemplaire.

Auteur: ivoirematin
Publié le: Samedi 11 Avril 2026

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