Cacao ivoirien : Le mystère du fonds de réserve face à une crise sans précédent
Le moteur de l’économie ivoirienne broute. Alors que les cours mondiaux du cacao dévissent, le système de stabilisation de la Côte d’Ivoire — premier producteur mondial — est mis à rude épreuve. Au cœur du débat : la gestion du fonds de réserve, censé protéger les planteurs, mais dont l'opacité suscite aujourd'hui de vives inquiétudes.
La situation actuelle est mathématiquement intenable. À New York, le cours du cacao est tombé à 2 253 FCFA/kg, alors que le prix garanti aux producteurs ivoiriens est fixé à 2 800 FCFA et le prix CAF des exportateurs à 4 100 FCFA.
Pour maintenir ces tarifs et compenser les pertes des exportateurs, l'État devrait injecter une aide massive. Selon le Dr Ahoua Don Mello, expert et vice-président des BRICS+ :
Le mécanisme de lissage, censé amortir ces chocs, semble en panne. Dr. Ahoua Don Mello pointe du doigt une défaillance de gouvernance. En période de vaches grasses, l'État perçoit la différence entre le prix de vente international et le prix CAF.
| Indicateur | Estimation de l'Expert |
| Marge par kilo (années fastes) | 1 000 à 3 000 FCFA |
| Reversements annuels théoriques | 2 000 à 6 000 milliards FCFA |
| Statut actuel | Aucune trace explicite au budget de l'État |
Selon l'expert, si ces sommes avaient été gérées avec transparence au sein d'un fonds souverain, elles auraient non seulement stabilisé la filière, mais aussi financé l'industrialisation nécessaire (transformation locale) pour sortir de la dépendance aux fèves brutes, dont la conservation est limitée à 6 mois.
Sans une intervention rapide et transparente sur les réserves, le spectre d'une crise sociale plane. Les acteurs sont pris en étau :
Pour parer au plus pressé, les autorités ont entamé le rachat direct des stocks (plus de 700 000 tonnes) afin d'injecter des liquidités dans les coopératives. Si le gouvernement assure que le prix de 2 800 FCFA sera maintenu pour ces opérations, l'incertitude demeure pour la campagne d'avril, surtout après la révision à la baisse des tarifs chez le voisin ghanéen.
Le constat est amer : Si les réserves accumulées ces dernières années existent réellement, pourquoi l'État doit-il recourir à des mesures de sauvetage exceptionnelles plutôt que d'activer son fonds de stabilisation naturel ?
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