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Sénégal oriental : Quand les citoyens deviennent le rempart contre le jihadisme

Auteur: Ivoirematin

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Sénégal oriental : Quand les citoyens deviennent le rempart contre le jihadisme

À la confluence de la Falémé et du fleuve Sénégal, le calme apparent des paysages masque une anxiété croissante. Dans cette zone stratégique des « trois frontières » (Sénégal, Mali, Mauritanie), la menace terroriste n'est plus une hypothèse lointaine, mais une réalité qui dicte le quotidien des populations locales.

Une frontière poreuse sous haute surveillance

Le village de Ballou, avec ses 8 500 habitants, illustre parfaitement la vulnérabilité de la région. Face au Mali et à la Mauritanie, la frontière est d'une porosité alarmante, surtout en saison sèche lorsque le fleuve se traverse à pied d'œuvre.

Les incidents récents ont servi d'électrochoc :

  1. L'attaque de Sébou : Une école incendiée par des individus non identifiés ayant traversé le fleuve depuis le Mali.
  2. Infiltrations suspectes : Des arrestations pour apologie du terrorisme ont déjà eu lieu, révélant des liens entre certains commerçants locaux et des réseaux jihadistes structurés.

Le "dispositif citoyen" : l'arme de la vigilance

Face à l'immensité du territoire à surveiller, l'État sénégalais mise sur une stratégie collaborative : faire des habitants les premiers capteurs d'alerte.

Un système artisanal mais efficace

Bien que les patrouilles de l'armée et de la gendarmerie soient désormais plus visibles, elles ne peuvent être partout. Pour combler les failles, un réseau de surveillance communautaire s'est mis en place :

  1. Comités de veille : Les villageois s'organisent pour surveiller les mouvements suspects, de jour comme de nuit.
  2. Lien direct avec les autorités : Chaque chef de village dispose d'un canal de communication prioritaire avec les forces de sécurité.
  3. Solidarité transfrontalière : Les familles vivant de part et d'autre des rives partagent les informations pour anticiper les menaces.
« On est exposés en permanence. Des deux côtés du fleuve, nous sommes les mêmes familles, alors on s’organise et on s’alerte. » — Aboubaker Niangané, chef du village de Ballou.

Entre vigilance et psychose

Cette hyper-vigilance n'est pas sans conséquences. Dans un climat de tension permanente, la peur prend parfois le dessus. À Gangala, un simple cortège de mariage circulant à moto a récemment provoqué une panique générale, les habitants étant persuadés d'une incursion jihadiste.

Cette méprise souligne le défi majeur pour le Sénégal oriental : maintenir un niveau de vigilance opérationnel sans basculer dans une paranoïa qui paralyserait la vie sociale de ces zones reculées.

Auteur: Ivoirematin
Publié le: Jeudi 26 Février 2026

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