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Dépendance alimentaire : Abidjan débourse plus de 600 milliards FCFA pour le riz chaque année

Auteur: Ivoirematin.com

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La facture du riz importé continue de peser lourdement sur l’économie ivoirienne. Chaque année, la Côte d’Ivoire débourse près d’un milliard de dollars, soit plus de 600 milliards de FCFA, pour satisfaire une demande nationale toujours croissante. Une situation que les autorités entendent désormais inverser à travers une stratégie ambitieuse axée sur l’irrigation et le développement d’agropoles.

Intervenant lors de la 8e Conférence annuelle du Réseau international des agences de promotion des investissements (RIAFPI) à Abidjan, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Koné, a alerté sur l’ampleur du défi. « Nous importons encore jusqu’à 1 milliard de dollars de riz chaque année », a-t-il déploré, soulignant le paradoxe d’un pays où la consommation par habitant dépasse celle de grandes nations comme la Chine ou la Thaïlande.

Malgré une progression notable de la production vivrière, en hausse de 8,4 % pour atteindre 25 millions de tonnes en 2025, le riz demeure le talon d’Achille de la balance commerciale. Les projections annoncent une production de 3 millions de tonnes de riz paddy en 2026, en hausse de 38 %, mais cela reste insuffisant pour combler le déficit.

Pour le gouvernement, la clé réside dans la maîtrise de l’eau. Il s’agit de passer d’une agriculture dépendante des pluies à une agriculture irriguée, capable de générer jusqu’à trois récoltes annuelles sur une même parcelle. Un pari coûteux – entre 30 et 45 millions de FCFA par hectare aménagé – mais jugé rentable à moyen terme.

En parallèle, l’État mise sur un vaste programme de neuf agropoles répartis sur le territoire national. À ce jour, trois sont déjà engagés : celui du Centre, opérationnel, ainsi que ceux du Nord et du Nord-Est en cours de développement. Les six autres, en attente de financement, représentent un potentiel d’investissement estimé entre 1 000 et 1 200 milliards de FCFA.

Pour mobiliser ces ressources, les autorités ivoiriennes sollicitent les agences de promotion des investissements de l’espace francophone, avec l’ambition de bâtir des partenariats public-privé solides et durables.

Au-delà des frontières, la Côte d’Ivoire exporte également son savoir-faire agricole. Un accord conclu avec le Gabon en décembre 2025 prévoit la mise à disposition de 45 000 hectares au profit d’industriels ivoiriens, illustrant une coopération régionale en pleine expansion.

Enfin, la vision gouvernementale s’inscrit dans une logique d’économie circulaire. Des initiatives innovantes émergent, notamment la production de biocarburant à partir de graines d’hévéa, déjà expérimentée sur les bus de la SOTRA, ainsi que des projets de production d’électricité à partir de déchets agricoles.

Plus qu’un enjeu agricole, la souveraineté alimentaire ivoirienne se dessine comme un défi structurel, reposant sur la modernisation du secteur et la capacité du pays à attirer des investissements stratégiques.

Auteur: Ivoirematin.com
Publié le: Lundi 13 Avril 2026

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