Le Somaliland drague Washington : Minerais et bases militaires contre reconnaissance
Après avoir brisé son isolement diplomatique grâce à Israël fin 2025, le Somaliland lance une opération de séduction agressive vers les États-Unis. Pour obtenir la reconnaissance de son indépendance, la république autoproclamée joue ses deux meilleures cartes : ses ressources naturelles stratégiques et sa position géographique cruciale.
Le message d'Hargeisa est clair : le Somaliland est à vendre, ou du moins à partager avec les bons alliés. Samedi 21 février, Khadar Hussein Abdi, ministre de la présidence, a déclaré à l'AFP que le pays était prêt à accorder aux États-Unis des droits miniers exclusifs ainsi que l'installation de bases militaires.
Le sous-sol du territoire recèle des métaux critiques indispensables aux technologies modernes :
Bien que les réserves exactes restent à confirmer, l'argument pèse lourd face à une administration Trump adepte d'une diplomatie pragmatique, centrée sur la sécurisation des chaînes d'approvisionnement américaines.
La reconnaissance du Somaliland par Israël en décembre 2025 a agi comme un détonateur. Si cette décision a provoqué la fureur de la Somalie voisine, elle a ouvert la voie à une nouvelle ère pour le président Abdirahman Mohamed Abdullahi (dit « Irro »).
Un partenariat stratégique entre Hargeisa et Tel-Aviv devrait être signé prochainement, incluant possiblement l'établissement d'une base militaire israélienne. Pour l'État hébreu, l'enjeu est sécuritaire : se positionner face au Yémen et aux rebelles Houthis. Pour le Somaliland, c'est une preuve de viabilité qu'il espère voir dupliquée par Washington.
L'intérêt des États-Unis pour la région n'est pas nouveau. Déjà présents à Djibouti, ils voient dans le Somaliland un poste d'observation idéal sur le détroit de Bab-el-Mandeb, véritable carrefour du commerce mondial.
| Enjeu | Atout du Somaliland |
| Géopolitique | Alternative ou complément à la base de Djibouti. |
| Sécurité | Contrôle des routes maritimes face à la menace des Houthis et des shebabs. |
| Économie | Accès direct aux minerais critiques pour l'industrie tech et défense. |
Malgré le lobbying de certains sénateurs républicains comme Ted Cruz, Donald Trump reste pour l'instant prudent, s'interrogeant publiquement sur la notoriété réelle du pays.
De son côté, le gouvernement de Mogadiscio, soutenu par la Turquie et une large partie du monde musulman, dénonce une dérive sécessionniste. Une critique balayée par Khadar Hussein Abdi, qui qualifie la capitale somalienne d'État défaillant :
« Mogadiscio n'est pas un État fonctionnel... se concentrer sur eux n'aide pas la sécurité de la région. »
Le Somaliland fait le pari que l'appétit américain pour les ressources naturelles finira par l'emporter sur la prudence diplomatique traditionnelle.
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