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Les réseaux sociaux, souvent perçus comme un espace de liberté totale, viennent encore de rappeler leurs limites juridiques en Côte d’Ivoire. À Daloa, un internaute a été interpellé avant d’être transféré à Abidjan et déféré au parquet pour des propos jugés comme une apologie des violences faites aux femmes.
L’affaire éclate dans la foulée d’un live de la tiktokeuse ivoirienne Yélène Kouamé, alias Maa Bio, au cours duquel elle revenait sur des violences subies dans une précédente relation. Dans les heures qui suivent, un commentaire posté sur Facebook attire l’attention : Wilfried Bouabré y tient des propos considérés comme une justification explicite des violences conjugales.
Signalé par plusieurs internautes et remonté aux autorités, notamment via le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, le contenu est rapidement pris en charge par les services compétents. L’auteur est localisé à Daloa puis interpellé par les forces de l’ordre.
Ses propos, largement relayés et dénoncés, ont suscité une vague d’indignation. L’intéressé affirmait notamment que les violences exercées sur une femme pouvaient être « logiques », des déclarations qui ont été interprétées comme une incitation directe à la violence basée sur le genre.
Après son arrestation, il a été conduit à Abidjan pour répondre devant la justice des faits qui lui sont reprochés.
Au-delà du cas individuel, cette affaire remet sur la table la question de la responsabilité des utilisateurs des plateformes numériques. Les autorités rappellent que les réseaux sociaux ne constituent pas une zone de non-droit et que les contenus publiés en ligne peuvent entraîner des poursuites pénales.
En Côte d’Ivoire, la législation sur la cybercriminalité permet de sanctionner les discours incitant à la violence, les propos haineux ou encore toute forme d’apologie de comportements criminels. Les peines prévues peuvent aller jusqu’à plusieurs années de prison selon la gravité des faits.
Ces dernières années, plusieurs affaires similaires ont conduit à des arrestations et condamnations, illustrant une volonté croissante des autorités de réguler l’espace numérique et de lutter contre les dérives en ligne.
Dans ce contexte, la vigilance des internautes et les signalements jouent un rôle central dans la détection de contenus jugés problématiques. L’affaire de Daloa vient ainsi s’ajouter à une série de dossiers qui traduisent un durcissement du traitement judiciaire des abus sur les réseaux sociaux en Côte d’Ivoire.
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