
Il fut le dernier commandant en chef de l’armée zaïroise, ce général d’une armée morte entre opérette et tragédie, dont l’effondrement total en moins de six mois bouleversa la carte géopolitique de l’Afrique centrale. Il fut, aussi, le dernier ministre de la Défense d’un régime aux abois, décomposé autour de son fondateur grabataire, tétanisé par l’avancée des « rebelles » et de leurs protecteurs.
Lui : Donatien Mahele Lieko Bokungu,Donat pour ses proches, assassiné à Kinshasa dans la nuit du 16 au 17 mai 1997 alors que les petits hommes verts de Laurent-Désiré Kabila entraient dans les faubourgs de cette ville offerte et vénéneuse. L’itinéraire et le destin de cet homme, traître pour les uns, martyr pour les autres, sont exemplaires. Ils éclairent quelques-uns des aspects inconnus et fournissent des clés essentielles pour comprendre ce que fut une révolution majeure au cœur du continent. A travers l’aventure tragique du général Mahele, le voile se lève sur une partie de l’histoire secrète de la chute de Mobutu…
Celui dont certains, dans l’entourage du président Kabila, rêvent de faire un héros national au même titre que Lumumba et dont les obsèques, fin mai à Kinshasa, furent quasi officielles, ne fut jamais un mobutiste de cœur et de sang, même si comme tant d’autres, il servit le maréchal omnipotent et bénéficia de ses faveurs. Né le 15 avril 1941, dans ce qui s’appelait à l’époque Léopoldville, au sein d’une famille mbunza originaire de la province septentrionale de l’Equateur, Donatien Mahele choisit tout naturellement le métier des armes. Tribu guerrière, les Mbunzas ont donné nombre d’officiers supérieurs à l’armée zaïroise.
Parmi eux, le général Eluki, cousin germain et futur ennemi juré de Mahele. Très jeune – il a à peine 20 ans – Donatien flirte avec les idées lumumbistes et adhère, en 1963, à l’organisation de jeunesse du Mouvement national congolais. Deux ans plus tard, Mobutu prend le pouvoir. Mahele est envoyé en formation au camp de Kitona, où des instructeurs belges le prennent en charge, puis chez les paras commandos de Ndjili où il noue avec les conseillers français du général Jeannou-Lacaze des relations qui ne seront rompues que trente ans plus tard, quelques semaines avant sa mort.
Sous-lieutenant, Mahele intègre en 1968 la prestigieuse garde présidentielle de Mobutu. Le futur conseiller du maréchal, Edouard Mokolo wa Mpombo, qui le croise alors, se souvient d’un militaire « intègre et surtout nationaliste », dur aussi, voire féroce. Surprenant un garde du corps en plein sommeil devant la porte du président, il le secoue, le frappe et lui tord le bras au point de le briser.
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