
Le secteur de la presse est sinistré. Tel est l’amer constat
qu’a fait Jean-Claude Coulibaly, président de l’Union nationale des
journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), ce samedi 18 janvier à l’occasion de la
soirée des Ebony à l’hôtel Président de Yamoussoukro.
« Le chemin de Golgotha est parsemé de titres qui, à peine nés, ont aussitôt rendu l’âme. Ceux qui ont survécu vivent aujourd’hui dans la hantise du glas annonciateur du passage de la grande faucheuse. La presse ivoirienne est dans un état comateux. La rude concurrence des nouveaux médias, notamment le numérique a créé un environnement étouffant et de précarité intenable qui ont pour conséquences directes, la baisse drastique des ventes des journaux et le tarissement des recettes publicitaires », a-t-il dépeint
Puis d’alerter : « Chères consœurs et chers
confrères, Notre profession est en danger. Nous sommes devenus tous, autant que
nous sommes, des chômeurs en sursis. Il nous faut impérativement sortir des
sentiers battus. Repenser de nouveaux modèles économiques en adéquation avec
les défis nouveaux et l’environnement en mutation croissante de l’écosystème de
l’information ».
Pour sauver donc la presse ivoirienne d’une mort certaine,
le premier responsable de la plus grande faîtière des journalistes a fait
plusieurs doléances au gouvernement dont la plus significative est le soutien
financier à hauteur de 8 milliards qui équivaut à 0,01 % du budget de l’Etat.
« Pour notre part, nous préconisons que la presse
ivoirienne, cette grande malade, soit soumise à une thérapie de choc à travers
l’octroi par l’Etat de Côte d’Ivoire d’un fonds de financement direct et
conséquent à hauteur de la puissance que représente l’Etat de Côte d’Ivoire.
Nous souhaitons que cette subvention directe s’élève à 0,01% du budget annuel
de l’Etat, soit environ 8 milliards de francs CFA », a plaidé Jean-Claude
Coulibaly.
Ces fonds, a-t-il affirmé, «contribuerons à l’émergence d’une presse responsable et de qualité au service de toutes les populations de Côte d’Ivoire» .
Le ministre de la Communication et des Médias, Sidi Tiémoko
Touré, prenant acte de ces doléances, a rassuré que le gouvernement poursuivra
ses efforts en matière de politique de soutien à la presse via le Fonds de
soutien et de développement de la presse (FSDP).
La ministre Kaba Nialé a pour sa part promis de relayer le
cri de cœur des journalistes auprès du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly,
parrain de Evènement.
A titre de rappel, la 21e édition de la Soirée des Ebony s'est déroulé sous le thème: «Quel appui aux médias pour un journalisme responsable et de qualité.»
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