
L'Etat américain de l'Oklahoma a annoncé mercredi qu'il allait désormais exécuter ses condamnés à mort par inhalation forcée d'azote, une méthode jamais utilisée dans le pays et qui suscite des inquiétudes. L'annonce a été faite par Mike Hunter, le procureur général de cet Etat du Sud conservateur.
« (En) Oklahoma ce n’est pas la première fois qu’ils font des premières comme celle-là, explique à RFI Raphaël Chenuil-Hazan, directeur général d'Ensemble contre la peine de mort. Il y a quelques années, en 2014, ils avaient déjà été les premiers à initier une méthode d’exécution par injection létale avec trois produits différents. Et cela s’était soldé par une suffocation du condamné à mort pendant plus d’une heure. Une inhalation forcée d’azote, c’est entraîner la suffocation, soi-disant - normalement -, rapide, qui permet d’endormir et d’arrêter le cœur».Jusqu’à présent, cette méthode n'était utilisée que pour les abattages d’animaux pointe Raphaël Chenuil-Hazan.
« Pas de manière propre de donner la mort… »
Quelques Etats américains disposent encore aujourd'hui de la possibilité d'exécuter leurs condamnés à mort dans une chambre à gaz, comme alternative à l'injection létale. Depuis 1976, 11 condamnés ont été exécutés dans une chambre à gaz, selon le Centre d'information sur la peine de mort (DPIC).
Pour Raphaël Chenuil-Hazan, cette initiative de l’Oklahoma est très inquiétante. « C’est une course en avant pour faire croire aux Américains, et finalement au reste du monde, qu’il y a une manière propre de donner la mort. Et notre inquiétude est la même. Elle est la même avec l’injection létale, elle est la même avec la chaise électrique, elle est la même avec les chambres à gaz. Il n’y a pas de manière propre de donner la mort. Je fais le pari aujourd’hui que dans quelques mois ou dans quelques années, il y aura des ratés et qu’on reviendra à zéro. On en reviendra à rechercher une manière propre de donner la mort ».
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