
Ils ne sont que quelques milliers, mais, depuis le drame de Charlottesville, en août, on ne voit qu’eux dans les médias. Qui sont ces suprémacistes blancs qui révèrent Trump et rêvent de restaurer une illusoire pureté ethnique de l’Amérique ?
Ils sont sortis de la clandestinité par une chaude nuit du mois d’août. Sur le campus de l’université de Virginie, ils ont défilé, flambeaux en main, en scandant : « Vous ne nous remplacerez pas ! Les Juifs ne nous remplaceront pas. »
Le lendemain, réunis à Charlottesville pour protester contre le démantèlement d’une statue du général sudiste Robert Lee (1807-1870), ils ont fait le coup de poing avec des militants d’extrême gauche. Au cours de l’échauffourée, Heather Heyer, une jeune femme de 32 ans, a été tuée par une voiture-bélier conduite par un jeune nazillon venu de l’Ohio.
Stupéfaite, l’Amérique a découvert une image d’elle-même qu’elle ne soupçonnait pas. Qui sont donc ces jeunes Blancs ultraviolents arborant fièrement les symboles du nazisme ? Que veut cette « alt-right » (pour « alternative right ») qui fait désormais l’actualité ? Ce mouvement extrémiste est d’autant plus décomplexé qu’il n’a jamais eu à la Maison-Blanche un président plus proche de ses idées. Donald Trump a en effet mollement condamné le drame de Charlottesville et a renvoyé dos à dos alt-right et alt-left (gauche radicale).
À Charlottesville, ils hurlaient des heil hitlériens
Foutraque et hétéroclite, l’alt-right rassemble les vieux routiers du suprémacisme blanc – du Ku Klux Klan aux innombrables ligues de défense de l’identité sudiste –, mais aussi de nouvelles figures, non moins radicales, de l’extrême droite, parmi lesquelles le blogueur Jason Kessler, membre des Proud Boys, un groupe pro-Trump créé en 2016 par Gavin McInnes, le fondateur aujourd’hui écarté de Vice Magazine ; Richard B. Spencer, directeur de la revue en ligne Radix Journal ; et Mike Peinovich, surnommé « Enoch » en hommage à Enoch Powell (1912-1998), le maître à penser de l’extrême droite britannique. Citons encore l’ancien marine Nathan Benjamin Damigo, fondateur du groupe nationaliste Identity Evropa, qui s’inspire des identitaires européens, et Matthew Heimbach, qui dirige le Parti traditionaliste des travailleurs.
Hormis leur jeunesse, qu’est-ce qui distingue ces nouveaux venus ? Le recours systématique à l’outrance verbale (à Charlottesville, ils hurlaient des heil hitlériens), et de fréquentes références à des penseurs européens comme les Français Alain de Benoist, fondateur de la Nouvelle Droite, et Renaud Camus, théoricien du « grand remplacement » démographique et culturel des Européens de souche par des populations allochtones.
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