
La marque alimentaire Goya, cible d'appels au boycott depuis
le soutien appuyé de son PDG à Donald Trump, a compté sur le soutien de la
famille Trump.
L'image a ravi les internautes maîtrisant Photoshop : Ivanka
Trump tenant à la main une boîte de conserve, faisant la publicité de haricots
noirs. «Si c'est Goya, c'est bon», a-t-elle écrit en anglais et en espagnol. La
fille et conseillère du président américain a ainsi pris la défense de la
marque Goya, spécialisée dans les produits de la cuisine hispanique, cible
d'appels au boycott depuis que son PDG Robert Unanue a fait l'éloge de Donald
Trump lors d'un événement à la Maison-Blanche la semaine dernière.
Robert Unanue était venu annoncer le don d'un million de
boîtes de conserve de pois chiche et d'un million de livres (plus de 450 000
kilos) d'autres aliments à des banques alimentaires pour venir en aide aux plus
démunis. Mais ce sont surtout ses mots pour désigner le président américain qui
ont marqué : «Nous sommes véritablement bénis d'avoir un dirigeant comme le président
Trump qui est un bâtisseur. Et c'est ce que mon grand-père a fait, il est venu
dans ce pays pour construire, agrandir, prospérer... et nous prions, nous
prions pour notre leadership, notre président et nous prions pour notre pays»,
a déclaré le petit-fils du fondateur de la marque, Don Prudencio Unanue, qui a
émigré aux États-Unis depuis l'Espagne avec son épouse Carolina.
"Les Américains
devraient réfléchir à deux fois avant d'acheter leurs produits"
De nombreux internautes, dont l'influente élue démocrate
Alexandria Ocasio-Cortez qui a appelé à concocter son propre Adobo, un célèbre
mélange d'épices de la marque, ont appelé au boycott de la marque. «Goya Foods
est un essentiel pour tant de foyers latinos depuis des générations.
Maintenant, leur PDG Bob Unanue fait l'éloge d'un président qui s'attaque
vicieusement aux Latinos pour une question politique. Les Américains devraient
réfléchir à deux fois avant d'acheter leurs produits», a ainsi tweeté Julian
Castro, ancien secrétaire au Logement de l'administration Obama. Dès 2015, en
annonçant sa candidature à l'élection présidentielle, Donald Trump avait en
effet tenu des propos choquants envers les Mexicains, promettant dans la foulée
la construction du fameux mur entre les deux pays : «Quand le Mexique envoie
ses gens, ils ne nous envoient pas les meilleurs. Ils envoient ceux qui ont
beaucoup de problèmes, et ils emmènent ces problèmes avec eux. Ils emmènent de
la drogue. Ils emmènent la criminalité. Ce sont des violeurs. Et certains, je
pense, sont des gens biens.»
Robert Unanue a vu dans ces appels au boycott une
«suppression de la liberté de parole», maintenant ses compliments à Donald
Trump malgré la polémique : «Donc vous avez le droit de dire du bien ou
d'encenser un président, mais pas d'aider à la prospérité économique et
éducative? Vous faites un commentaire positif et, tout d'un coup, ce n'est pas
acceptable?», a-t-il déclaré, rappelant qu'il s'était rendu à la Maison-Blanche
à l'invitation de Barack Obama il y a quelques années.
Publicité illégale ?
"Soutien personnel à une entreprise", répond la Maison-Blanche
Le clan du président américain a vu dans ces appels au
boycott une façon de crier à la censure et de critiquer les démocrates. D'où la
photo d'Ivanka Trump, suivie par une publiée par son père, pouces en l'air
devant des produits Goya, et par une référence dans une vidéo de Donald Trump
Jr, vantant le «super» repas cuisiné avec «beaucoup de produits Goya» par sa
compagne Kimberly Guilfoyle. «Goya Foods marche SUPER. La machine à diffamation
de la Gauche Radicale s'est retournée contre elle, les gens achètent comme
jamais!», a même écrit le président américain sur Twitter. Le sujet est
important car le vote de la communauté latino-américaine sera crucial pour
l'élection présidentielle de novembre prochain.
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