
À peine libéré par un groupe de militaires mutins, l’opposant Leopoldo Lopez est déjà menacé d’arrestation. C’est ce qu’a annoncé jeudi 2 mai le Tribunal suprême de justice, proche de Nicolas Maduro. L’Espagne a exclu de remettre l’opposant aux autorités alors qu’il est actuellement réfugié dans l’ambassade du pays à Caracas.
Avec notre correspondant à Caracas, Benjamin Delille
Jusqu’à sa libération mardi dernier, Leopoldo Lopez était le prisonnier politique le plus célèbre du Venezuela. Opposant de longue date au gouvernement chaviste, il avait été arrêté en 2014 pour avoir encouragé les manifestations contre le président Nicolas Maduro qui avaient fait des dizaines de morts.
Ce personnage charismatique et controversé, critiqué par les uns, adoré par les autres, est soupçonné d’avoir joué un rôle important ces dernières semaines dans l’ombre de Juan Guaidó, dont il est l’un des mentors.
Lors d’un point presse depuis l’ambassade d’Espagne où il s’est réfugié, il a affirmé avoir discuté avec de nombreux militaires prêts à rejoindre l’opposition. « Pendant plus de trois semaines, j’ai organisé des réunions chez moi où j’étais en résidence surveillée. J’ai rencontré des commandants, j’ai rencontré des généraux avec qui nous nous sommes engagés pour que, le peuple et l’armée, ensemble, nous arrivions à faire cesser l’usurpation. Et je peux vous dire que ce qui a commencé le 30 avril est un processus irréversible. »
Pourtant on ne sait toujours pas combien de militaires ont réellement rejoint l’opposition ce jour-là. Dans le même temps Nicolas Maduro a voulu montrer qu’il gardait son contrôle sur l’armée : dans un discours en présence du haut commandement militaire, il a appelé tous les soldats vénézuéliens à « combattre les putschistes ».
Le président vénézuélien accuse Lopez d’avoir dirigé personnellement « une tentative de coup d’État » mardi 30 avril avec Juan Guaidó, et il s’est engagé à « punir tous les traîtres » qui ont participé à l’opération.
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