
Il dit ne plus être avocat. Cité comme témoin au procès de l’attaque contre le camp français de la force Licorne qui a tué neuf soldats français le 6 novembre 2004 à Bouaké, Dominique de Villepin s’est pourtant livré pendant deux heures à une véritable plaidoirie.
Costume sombre, ton grave, l’ancien ministre de l’Intérieur a tenté de démontrer méticuleusement que son ministère n’avait pas à traiter ce dossier. Comme Michel Barnier la veille, il dit ne pas avoir été informé personnellement de l’arrestation par les autorités togolaises des présumés pilotes des Sukhoi qui ont bombardé le camp de Bouaké.
Deux télégrammes, dont un urgent, ont pourtant été envoyés à ses équipes pour informer de l’arrestation de ressortissants slaves. Mais l’ex-ministre pointe le formalisme de ce dernier message, qui n’a été adressé à personne directement. De toute façon, explique-t-il, ce télégramme-là a été traité par les deux autres ministères : la Défense et les Affaires étrangères. Deux ministères qui font partie, selon lui, avec l’Élysée d’un « triangle de responsabilités ».
Jean-Pierre Raffarin : « Il n’y a pas de secret »
Pas question cependant pour Dominique de Villepin de rejeter la faute sur ces ministères. Il pointe du doigt ce qu’il appelle « l’angle mort de ce dossier » : l’autorité judiciaire centrale. Il regrette que celle-ci n’ait pas pu agir dans les premières heures après le drame. Dominique de Villepin conclut : « On voit bien que le problème est beaucoup plus complexe qu’un renvoi de balle entre différents ministères. »
0 Commentaires
Participer à la Discussion
Commentez cet article